mardi 23 août 2011

LADY WOLF / CHAPITRE II


Pendant ce temps là au château de Lavallière, Henri chargeait les domestiques de la préparation de leur départ. Cette mission était de la plus grande importance et Louis VI l'ayant chargé personnellement de cette tache, il était hors de question qu'il faillât à son devoir, l'honneur de son nom en dépendait quitte à y laisser sa vie. Il en était ainsi depuis que l'un de ses aïeux avait trahis la couronne, il jura pour racheter son nom que tous les premiers fils de la famille pour les siècles à venir se devraient d'être personnellement au service du Roi.
 Le voyage n'allait pas être de tout repos, la route pour le sud-ouest du royaume étant infesté de brigands de toutes sortes et bien qu'en armure les deux chevaliers allaient surement devoir faire allié de toute leur vigilance pour ne pas tomber dans un traquenard, car il allait leur falloir plusieurs jours pour atteindre leur but, l'abbaye de St Clotilde.
***
(Pendant ce temps, sur un chemin en Bourgogne)
-« Mon oncle! Commença Maïlin avec une pointe d'inquiétude dans la voix, »
-« Oui, qu'est ce qui te chagrine ma fille? Je sent à ta voix que quelque chose te tracasse, »
-« Oui, en effet, répondit-elle, tu crois qu'il est encore là ? L'ours, penses tu qu'il soit encore en vie après tout ce temps ? « 
-« Ça, je ne sais malheureusement pas, mais si c'était le cas, ce ne sera plus la même histoire car cette fois ci nous sommes deux, en plus d'Asia bien-sûr, et nous allons le lui faire payer très cher, pour tout ce qu'il lui a fait crois moi, »
-« J'en tremble rien qu’à l'idée, car même si je n'étais qu'une petite fille à cette époque, ce souvenir est toujours très présent dans ma mémoire et pour rien au monde je ne veux revivre cela à nouveau tu comprends, »
-« N'y penses pas pour l'instant, penses plutôt aux retrouvailles que tu vas bientôt avoir avec ton frère, ce n'était qu'un enfant de douze ans lorsque l'on vous a séparé et maintenant tu vas retrouver un homme et lui va retrouver une forte, charmante et bien jolie jeune femme à la place de la toute petite fille espiègle et orgueilleuse dont il se souvient. Je sais que tu en veux terriblement à ta belle mère mais elle n'est plus de ce monde désormais, donc tu n'as aucune crainte à avoir et puis je suis là, à tes cotés, »
-« Oui...je sais, répondit-elle pensive, mais..... »
-« Pas de mais, combien de temps penses-tu qu'il va nous falloir pour arriver au château ? Cela va déjà faire plusieurs jours que nous parcourons la Bourgogne, j'espère que nous ne nous pas égarés. « 
 -« Mais non mon oncle, souvenez vous de ce que nous a dit ce prêtre, j’ai tout gravé sur les planchettes et nous avons suivit toutes ses indications à la lettre, donc nous devrions arriver…..approximativement…..dans deux ou trois jours maximum, dit-elle joyeusement en examinant la tablette,
-« Je n’avais jamais vu autant d’arbres différent de toute ma vie, remarqua Ming-Han »

-« C’est normal, vu que vous n’avez jamais quitté la Mongolie auparavant »

Deux jours passèrent et ils furent bientôt en vu du Château de Lavallière. Maïlin n’avait pas oublié son enfance en ces lieux et tous ses souvenirs lui revinrent à la mémoire. Des souvenirs heureux avec son père et son frère et d’autres beaucoup plus triste, la mort de son père et l’attaque de l’ours sur sa mère, le jour où la Comtesse les avait chassé, un animal qu’elle avait élevé elle-même et qui lui obéissait au doigt et à l’œil.
Maïlin frissonna d’effrois à ce seul souvenir, mais peut-être était-il mort après tout ? Quinze années étaient passées depuis et l’ours était déjà adulte à cette époque.
-« Cela ne servait à rien de faire des suppositions, se mit-elle à penser, s’il est encore de ce monde, la comtesse, elle ne l’est plus de toutes façons, il n’y aura donc plus personne pour le commander. »
Maïlin et son oncle s’engagèrent sur l’alléequi menait au Château et elle ralentit au fur et à mesure qu’elle s’approchait malgré l’envie de revoir son frère, la peur la freinait, une peur presque viscérale.
Ming-Han s’en aperçu et stoppa son cheval.
-« Calme-toi, lui dit-il, sinon…bref tu sais très bien ce que je veux dire n’est ce pas ? Ce n’est pas le moment, peut-être que ton frère est au courant pour ton petit secret, mais ce n’est surement pas le cas pour les domestiques, aller, respire un bon coup et reprends-toi » Maïlin se fit guerre à elle-même avec une force surhumaine pour reprendre ses esprits, elle avait bien assimilé tout ce que lui avait enseigné sa mère, parmi les peu de choses qu’Asia avait réussi à enseigner à sa fille, cela était bien l’une des plus importante, l’autocontrôle.
- « C’est bon mon oncle, je vais bien, allons y maintenant »

Le printemps était à ses portes et ici et là il y avait encore quelques touches de blanc parmi les jonquilles et les jacinthes ; cela lui rappela quelques précieux souvenirs d’enfance avec ses deux parents et son frère ainé, Des souvenirs de courses folles dans la neige et de bouquets fleuris.
Soudain son cheval tressailli, et le faucon qui volait haut au dessus de leurs têtes, poussa un cri strident synonyme d’un danger imminent. Tous se figèrent, puis descendirent de leurs montures pendant qu’Asia se préparait déjà à l’attaque tous crocs dehors, elle avait pressenti quel était le danger.
Bientôt il leur fit face, encore plus grand et monstrueux qu’il était dans leurs souvenirs, l’ours était là, debout sur ses pattes arrières devant eux et leur barrait le chemin.

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