mardi 23 août 2011

LADY WOLF / CHAPITRE II


Pendant ce temps là au château de Lavallière, Henri chargeait les domestiques de la préparation de leur départ. Cette mission était de la plus grande importance et Louis VI l'ayant chargé personnellement de cette tache, il était hors de question qu'il faillât à son devoir, l'honneur de son nom en dépendait quitte à y laisser sa vie. Il en était ainsi depuis que l'un de ses aïeux avait trahis la couronne, il jura pour racheter son nom que tous les premiers fils de la famille pour les siècles à venir se devraient d'être personnellement au service du Roi.
 Le voyage n'allait pas être de tout repos, la route pour le sud-ouest du royaume étant infesté de brigands de toutes sortes et bien qu'en armure les deux chevaliers allaient surement devoir faire allié de toute leur vigilance pour ne pas tomber dans un traquenard, car il allait leur falloir plusieurs jours pour atteindre leur but, l'abbaye de St Clotilde.
***
(Pendant ce temps, sur un chemin en Bourgogne)
-« Mon oncle! Commença Maïlin avec une pointe d'inquiétude dans la voix, »
-« Oui, qu'est ce qui te chagrine ma fille? Je sent à ta voix que quelque chose te tracasse, »
-« Oui, en effet, répondit-elle, tu crois qu'il est encore là ? L'ours, penses tu qu'il soit encore en vie après tout ce temps ? « 
-« Ça, je ne sais malheureusement pas, mais si c'était le cas, ce ne sera plus la même histoire car cette fois ci nous sommes deux, en plus d'Asia bien-sûr, et nous allons le lui faire payer très cher, pour tout ce qu'il lui a fait crois moi, »
-« J'en tremble rien qu’à l'idée, car même si je n'étais qu'une petite fille à cette époque, ce souvenir est toujours très présent dans ma mémoire et pour rien au monde je ne veux revivre cela à nouveau tu comprends, »
-« N'y penses pas pour l'instant, penses plutôt aux retrouvailles que tu vas bientôt avoir avec ton frère, ce n'était qu'un enfant de douze ans lorsque l'on vous a séparé et maintenant tu vas retrouver un homme et lui va retrouver une forte, charmante et bien jolie jeune femme à la place de la toute petite fille espiègle et orgueilleuse dont il se souvient. Je sais que tu en veux terriblement à ta belle mère mais elle n'est plus de ce monde désormais, donc tu n'as aucune crainte à avoir et puis je suis là, à tes cotés, »
-« Oui...je sais, répondit-elle pensive, mais..... »
-« Pas de mais, combien de temps penses-tu qu'il va nous falloir pour arriver au château ? Cela va déjà faire plusieurs jours que nous parcourons la Bourgogne, j'espère que nous ne nous pas égarés. « 
 -« Mais non mon oncle, souvenez vous de ce que nous a dit ce prêtre, j’ai tout gravé sur les planchettes et nous avons suivit toutes ses indications à la lettre, donc nous devrions arriver…..approximativement…..dans deux ou trois jours maximum, dit-elle joyeusement en examinant la tablette,
-« Je n’avais jamais vu autant d’arbres différent de toute ma vie, remarqua Ming-Han »

-« C’est normal, vu que vous n’avez jamais quitté la Mongolie auparavant »

Deux jours passèrent et ils furent bientôt en vu du Château de Lavallière. Maïlin n’avait pas oublié son enfance en ces lieux et tous ses souvenirs lui revinrent à la mémoire. Des souvenirs heureux avec son père et son frère et d’autres beaucoup plus triste, la mort de son père et l’attaque de l’ours sur sa mère, le jour où la Comtesse les avait chassé, un animal qu’elle avait élevé elle-même et qui lui obéissait au doigt et à l’œil.
Maïlin frissonna d’effrois à ce seul souvenir, mais peut-être était-il mort après tout ? Quinze années étaient passées depuis et l’ours était déjà adulte à cette époque.
-« Cela ne servait à rien de faire des suppositions, se mit-elle à penser, s’il est encore de ce monde, la comtesse, elle ne l’est plus de toutes façons, il n’y aura donc plus personne pour le commander. »
Maïlin et son oncle s’engagèrent sur l’alléequi menait au Château et elle ralentit au fur et à mesure qu’elle s’approchait malgré l’envie de revoir son frère, la peur la freinait, une peur presque viscérale.
Ming-Han s’en aperçu et stoppa son cheval.
-« Calme-toi, lui dit-il, sinon…bref tu sais très bien ce que je veux dire n’est ce pas ? Ce n’est pas le moment, peut-être que ton frère est au courant pour ton petit secret, mais ce n’est surement pas le cas pour les domestiques, aller, respire un bon coup et reprends-toi » Maïlin se fit guerre à elle-même avec une force surhumaine pour reprendre ses esprits, elle avait bien assimilé tout ce que lui avait enseigné sa mère, parmi les peu de choses qu’Asia avait réussi à enseigner à sa fille, cela était bien l’une des plus importante, l’autocontrôle.
- « C’est bon mon oncle, je vais bien, allons y maintenant »

Le printemps était à ses portes et ici et là il y avait encore quelques touches de blanc parmi les jonquilles et les jacinthes ; cela lui rappela quelques précieux souvenirs d’enfance avec ses deux parents et son frère ainé, Des souvenirs de courses folles dans la neige et de bouquets fleuris.
Soudain son cheval tressailli, et le faucon qui volait haut au dessus de leurs têtes, poussa un cri strident synonyme d’un danger imminent. Tous se figèrent, puis descendirent de leurs montures pendant qu’Asia se préparait déjà à l’attaque tous crocs dehors, elle avait pressenti quel était le danger.
Bientôt il leur fit face, encore plus grand et monstrueux qu’il était dans leurs souvenirs, l’ours était là, debout sur ses pattes arrières devant eux et leur barrait le chemin.

vendredi 12 août 2011

LADY WOLF / CHAPITRE I


CHAP I
(Château De Lavallière, an 1137 après JC)

-« Une personne désirerait s’entretenir avec vous Monsieur le conte, annonça le domestique, il dit être envoyé par le Roi lui-même et j’ai vérifié il en a le seau, puis-je le faire entrer Monsieur ? »
-« Par le Roi vous dites! Mais bien-entendu enfin, qu’il n’attende pas, répondit le conte Henri De Lavallière. »
Un chevalier en armure pénétra dans l’immense salle de réception du château, il s’arrêta au beau milieu et s’agenouilla aux pieds de son hôte posant sa lourde épée à ses genoux sur le sol de pierre
-« Je suis le chevalier Guillemet De la Mirande monsieur le conte, sa majesté m’envoie pour solliciter votre aide monsieur, dit-il »
-« De quoi s’agit-il? demanda le conte, mais quoi qu’il en soit je suis au service de sa majesté, »
-« C’est une affaire de la plus grande importance mais aussi qui doit rester dans le plus grand secret, répondit le chevalier, il y a eut des morts et des disparitions bien trop mystérieuses à l'abbaye de Sainte Clotilde et sa majesté n’a confiance qu’en vous seul pour élucider ce mystère. Tous ceux qui y sont allé pour enquêter ont disparus à leur tour et il va vous falloir user de la plus grande prudence, je vais d’ailleurs vous y accompagner pour assurer votre sécurité »
-« Très bien, qu’il en soit donc ainsi je vais faire préparer le nécessaire pour notre voyage et nous partirons demain à l’aube »


***
(Quelques parts en Germanie)
 Pendant ce temps une jeune fille et son Oncle qui arrivaient de Mongolie traversaient l’immense forêt noire en direction du château de Lavallière. MaïLin avait été élevée par son oncle à la mort de sa mère et après que l’épouse de son père l’ai chassé du château. Son oncle avait eut bien du mal avec cette petite fille espiègle et orgueilleuse mais il fit de son mieux. Lui même chasseur fauconnier et maitre d’armes il enseigna à sa nièce tout son savoir n’ayant pas eut de fils à qui le transmettre. Maïlin avait donc grandi dans les plaine de Mongolie à cheval la plus part du temps, elle montait mieux que la plus part des hommes et elle était la joie et la fierté de son oncle. Elle n’avait pas revu son demi frère depuis trop longtemps et était bien décidée à relier les liens familiaux après avoir eut connaissance du décès de sa belle mère
-« Es tu absolument certaine que Henri va te recevoir les bras ouverts? Demanda le vieil homme »
-« Certaine non, je n’ai pas vu mon demi-frère depuis plus de quinze ans mon oncle ! Comment voulez vous que j’en sois certaine, tout ce que je sais c’est que nous nous entendions bien lorsque sa mère n’était pas dans les parages et que au vu de son décès il ne devrait pas y avoir de problèmes entre nous, maintenant il va falloir nous dépêcher car la route est encore longue. »
-« Est ce que ton frère est au courant pour notre petit secret de famille ? Demanda-t-il inquiet »
-« Oui ! Pour le moins, il l'est à moitié, répliqua Maïlin »
-« Qu'est ce que entends par à moitié »
-« Je veux dire qu'il l'est pour ce qui est de ma mère, c'est tout, je n'avais que sept ans lorsque je suis partie, enfin plutôt lorsque sa mère nous a chassé et.....bref tu connais la suite »
-« Oui malheureusement ma fille, je la connais que trop bien, si cet homme qui était au service de ton père n'avait pas accepté de te raccompagner, tu serais surement morte pendant ce long périple jusqu'en Mongolie »
-« Oui et maman aurait aussi succombé à ses blessures lors de l'attaque de l'ours, c'est lui qui l'a soigné et conduit jusqu'à toi, nous lui devons la vie et j'espère qu'il est toujours au château »
-« Je l'espère aussi car je n'ai même pas eut le temps de le remercier comme il se doit avant qu'il ne reparte »
Pour Ming-han, se souvenir douloureux était encore bien présent dans sa mémoire, de cette nuit de terreur, de sa sœur bien aimée étendue là sur les fourrures dans sa yourte et l'immense balafre que l'ours lui avait laissé sur le visage serait là pour le lui rappeler. La petite fille terrorisée qui l'accompagnait avait laissé place à une charmante jeune fille au fil des années et même si Asia s'était doucement remise de ses blessures, pour elle rien ne serait redevenu comme avant et son frère allait devoir désormais élever seul la petite fille qui se révéla être une enfant très difficile.


 
Les premières années de sa vie elle avait vécu dans un château et traitée comme une princesse par son père, alors accepter de vivre dans une yourte au milieu de nulle part et sans commodités aucune ne fut guère facile mais elle n'eut malheureusement pas le choix, son père décédé, sa belle mère les avait mise toutes deux à la porte sans aucun état d'âme et la seule option pour Asia était de ramener sa fille chez elle en Mongolie avec deux chevaux et des vivres pour un mois. Sans l'aide d'un domestique du comte, elles n'auraient eut aucune chance de survie et c'est bien sur cela que portaient les espoirs de la comtesse de Lavallière, qu'elles disparaissent à tout jamais et c’est ce qui avait bien faillit leur arriver.
La nuit n'allait pas tarder à tomber et il était temps pour eux d'installer la yourte, pas leur habitation familiale, mais celle qu'ils utilisaient pour les déplacements, beaucoup légère et maniable, mais surtout beaucoup moins longue à monter. Maïlin commença à planifier le terrain pendant que son oncle étalait l'ossature et les divers pans la petite yourte, en moins de deux heures leur abri pour la nuit était prêt et Maïlin y installa le petit poêle à charbon, qu'elle avait pris soin d'allumé dés leur arrivée. Leurs chevaux avaient été laissé paitre tranquillement près du ruisseau tout proche.
 
 
- As-tu aperçu Asia ? Je ne l'ai pas vu depuis que nous nous sommes arrêtés »
-« Elle est surement allé chasser, nous ne mangeons pas de viande depuis plusieurs jours mon oncle et elle ne tenait plus en place »
-« J'aurais bien été avec elle mais bon, pour le moins on aura gagné du temps, qui sait ce qu'elle va nous rapporter »
 
 
 
-« Ce qu'ils vont, vous voulez dire ! Tarkan n'est pas là non plus, on dirait bien que ces deux là font bande à part, répondit-elle avec un brin d'ironie »
Le faucon ne tarda pas à venir se poser sur l'un des piquets de la yourte, suivit de près par la louve qui tenait un énorme lièvre entre ses mâchoires, elle le posa gentiment aux pieds de Maïlin qui s'empressa de le dépecer. Asia exténuée alla se blottir sur les fourrures, au fond de leur abri en attendant le repas, la jeune fille vint s'assoir auprès d'elle, lui essuya le museau et la caressa longuement avec tendresse.
 


Maïlin s'était assoupie et la voix de son oncle la sorti de sa torpeur.
-« Bouges toi petite paresseuse, lui lança-t-il, le diner ne va pas se cuire tout seul ! »
-« Oui mon oncle, répondit-elle résignée, »
Une heure plus tard, le diner était fin prêt et ils s'installèrent sur les moelleux tapis au centre de la yourte, que ce soit chez eux en Mongolie ou bien en déplacement, les diner familiaux étaient un des moment que Maïlin aimait le plus, son oncle étant un sacré farceur, cela finissait presque toujours en fous rires. Leur histoire familiale était telle qu'ils avaient dut vivre en autarcie et le lourd secret qu'ils portaient de générations en générations les avaient toujours tenu éloigné de leurs semblable. Cela pesait sur les épaules de la jeune fille malgré qu'elle su qu'elle n'avait d'autre choix, même si elle aurait préférer pouvoir fréquenter les jeunes gents de son âge, cela lui était malheureusement impossible, le risque était bien trop grand. Un lourd secret qui la touchait tout personnellement vu qu'il était transmis uniquement par les femmes dans sa famille. 



dimanche 16 janvier 2011

"ET SI TOUT ETAIT ECRIT ?" / CHAPITRE III

CHAPITRE III


-Maintenant le fait est qu’elle est partie, songea-t-il, et il fallait redresser la tête et apprendre à vivre sans elle, pour le moins pendant les quelques mois qui le sépareraient de la femme de sa vie, trois mois et douze jours pour l’exactitude, car inconsciemment il avait déjà commencé le compte à rebours au moment même où elle était montée dans l’avion. À ce moment précis Daniel en était certain, rien ni personne ne pourraient jamais les séparer.
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Pendant que Sonia survolait l’Océan Atlantique, elle était en proie à mille doutes, était-ce une bonne idée de partir seule, peut-être que Daniel allait l’oublier, après tout les jeunes et jolies femmes ce n’était pas ce qui manquait à Denver et son mari était dans la force de l’âge, ce n’était pas un apollon mais sa timidité presque enfantine, ses beaux yeux bleu cobalt et le charme français faisaient toujours son effet, elle était consciente du risque qu’elle prenait en le laissant seul mais en son fort intérieur elle savait tout aussi bien qu’il n’avait plus jamais regardé aucune autre femme depuis le jour où il avait posé les yeux sur elle, ça elle en était plus que certaine et elle se mis à penser à leur toute dernière nuit, cela la fit sourire et apaisée par cette pensée elle s'endormit sereine.
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Le téléphone vibra deux fois et se tue, Daniel regarda le numéro qui s’affichait: Maxime, c’était le signal en cas d’urgence. En se rendant chez son frère, Daniel se demanda ce qu’il pouvait bien y avoir de si urgent pour le déranger à l’hôpital.
-Salut frérot, qu’est ce qu’il t’arrive? Lui demanda-t-il en voyant son air renfrogné, tu en fais une de ces tête,
-Assoies-toi plutôt, lui répondit-il, ce que j'ai à te dire ne va pas te plaire, mais alors pas du tout,
-Vas-y, lui ordonna Daniel, et ne tournes pas autour du pot,
-Bon je vais être direct alors, José Da Siva a eut une remise de peine pour bonne conduite et il vient d’être relâché,
-Tu te moques de moi? Pour bonne conduite ! Mais qui t’a dit une chose pareille?
-Tu te souviens d’Antoine le fils du garagiste, le gamin avec qui je trainais à l’époque du lycée?
-Comment pourrais-je l’oublier dis moi ? Vous aviez fait pousser toute une plantation de cannabis dans notre garage, répondit Daniel,
-Euh ! Passons le sujet tu veux ? Et bien il m’a envoyé un E-mail il y a deux heures de cela, il m’a dit que sa mère avait rencontré la sœur de Da Silva au supermarché et qu’elle lui avait dit que son frère était sorti de prison avant-hier, qu’il s’était rangé, qu’il avait changé, blablabla...des sornettes quoi ! Je n’en crois pas une parole et toi ? Qu’il ait changé je veux dire,
-j’avais compris, non je n’y crois pas non plus, répondit Daniel vert de rage, ce genre de type ne change pas comme cela, après tout ce qu’il a fait subir à Sonia pendant toutes ces années et aussi après ce qu’il t’a fait comment peuvent-ils le laisser sortir. Tu veux que je te dise maintenant que je sais qu’il n’est plus sous les verrous je suis plus tranquille que Sonia soit partie, là au moins il ne pourra pas l’atteindre mais toi tu vas être ici tout seul et ça m’inquiète beaucoup,
-Mais non il n’y a pas de quoi s’inquiéter crois moi, lui répondit Maxime pour essayer de le rassurer mais sans trop y croire, et puis je sais à quoi m’en tenir, pas comme l’autre fois où il nous a pris par surprise. Cette fois je sais qu’il est dehors et je l’attends de pied ferme,
-C’est bien ce qui m’inquiète le plus qu’est ce que tu crois, ajouta Daniel, la dernière fois il a bien faillit te tuer et je ne veux pas revivre cela tu m’entends,
-mais moi non plus frangin, une balle dans le ventre ça fait très mal tu sais, commença Maxime.

Fils et petit fils d’émigrés Espagnols, José Da Silva n’était qu’une petite frappe sans envergure, il avait été le premier mari de Sonia et il avait été incarcéré pendant trois ans suite aux agressions répétées envers son épouse et à sa sortie de prison il n’eut qu’une idée en tête c’était de la retrouver pour se venger d’elle mais aussi de l’homme qui était à l’origine de son incarcération. Daniel et Sonia étant tous deux de service à l’hôpital il tomba nez à nez avec Maxime qui était venu passer un weekend chez son frère, une lutte acharnée s’en suivit et le pauvre maxime fut très grièvement blessée et ce fut le retour à la case prison pour de nombreuses années pour José Da Silva qui jura de se venger, « je vais bien sortir un jour ou l’autre » s’écriât-il en sortant du tribunal, « et j’attendrais ce jour avec impatience, soyez en sur, j’ai tout mon temps ». Suite à cela ils émigrèrent aux états unis pour tenter d’oublier leurs mésaventures.
-Et si je venais avec vous deux en mission qu’est ce que tu en dis ? Continua Maxime, ils ont surement aussi besoin de profs là-bas pas vrais !
-Pas question, c’est trop risqué pour toi, s’écriât Daniel, cela l’est déjà pour quelqu’un qui entend parfaitement alors figure toi pour quelqu’un qui n’entend pas,
-Plus risqué que de se faire descendre par ce malade de Da Silva tu veux dire? Je n’ai pas besoin d’aller en zone de conflits, je pourrais tout aussi bien rester en ville là où ils ont le plus besoin de profs justement et puis je parle trois langues dont le Swahili en plus du langage des signes alors comme interprète ça ne serait pas mal non plus, insista Maxime,
-Si je comprends bien tu ne peux plus te passer de moi c’est ça ?
-Voila on va dire comme ça, si ça te fais plaisir, le taquina Maxime, et puis tu sais bien que j’ai au moins un point en commun avec ta femme, mis à part mon grand frère adoré, c’est que tout comme elle je suis une tête de mule, alors c’est oui ?
-Tu me laisses le choix ? demanda Daniel étonné,
-Ben non pas vraiment, répliqua Maxime avec un sourire narquois sur les lèvres.
Quoi qu’il fasse ou dise depuis toujours, son frère se pliait à toutes ses volontés, cela le faisait toujours sourire même s’il n’en abusait plus comme lorsqu’il était enfant, mais cette fois c’était différent car c’était de leurs vies dont-il s’agissait et qu’ils allaient mettre en danger. Daniel se dit que son jeune frère risquerait tout autant à rester seul à Denver alors autant le garder près de lui.
-Bon et bien il ne me reste plus qu’à les rappeler, ajouta Daniel résigné, avec l’espoir qu’ils ne t’enverront pas à des milliers de kilomètres du lieu où nous seront Sonia et moi,
-Qu’importe frérot, se réjouit Maxime, ce sera toujours moins loin que Denver et puis quitte à choisir je préfère mille fois affronter les rebelles que ce sadique de Da Silva.
Daniel téléphona à la responsable locale de médecins sans frontières.
-La capitale vous dites ! Répondit Daniel, c’est parfait, oui dans une semaine c’est très bien, je vais tout lui communiquer, merci bien, au revoir ma sœur,
-Alors vas y expliques moi ce qu’elle t’a dit, je n’ai compris que la moitié de ce que tu lui disais car tu parlais avec la bouche collée au combiné,
-Ah ! excuses moi je ne m’en étais pas rendu compte, répondit Daniel, bon tu pars dans une semaine pour le Darfour comme nous et ils s’occupent de ton visa mais par contre tu iras travailler dans la capitale et dans un hôpital car ils ont besoin d’un interprète qui parle le swahili mais aussi le langage des signes car l’institut pour enfants handicapés où il y avait plusieurs malentendants a été brulé et ils ont réellement besoin de tes services, la responsable a par ailleurs dit que tu étais un ange et que c’était le ciel qui t’envoyait, ce sont ses paroles exactes, je n’ai pas voulu la décevoir la pauvre, si elle avait su que c’était plutôt au démon Da Silva qu’elle devait cela,
-oui comme tu dis et bien ça alors c’est une histoire de fous pas vrais ! s’exclama maxime, comment aurais-je pu savoir en prenant le swahili comme troisième langue de secours que cela m’aurait été autant utile? Et puis c’est bien la première fois que l’on dit que je suis un ange, elle est comment la responsable, tu la connais ?
-Tu n’en rates pas une toi hein ?
-qui ça moi? S’indigna Maxime avec la main sur le cœur,
-Je t’y vois venir là mais ne t’emballes pas de trop, elle a presque soixante ans et c’est une religieuse,
-mais pour qui tu me prends ? Ajouta Maxime,
-Euh mais pour rien, seulement pour un inguérissable dragueur ahahah !!!
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José Da Silva avait gardé des contacts parmi les amis proches de Sonia et il ne tarda pas à être au courant de la situation et du lieu où elle se trouverait les jours suivant.
-Tant mieux, dit-il, pendant qu’elle va être isolée, je vais pouvoir mettre mon plan à exécution et je vais l’avoir à ma merci,
-Tu ferais mieux de charger quelqu’un d’autre de s’en occuper, lui répondit son beau frère, tout le monde sait que tu as beaucoup de rancune contre eux et s’il leur arrive quelques choses c’est directement toi qu’ils viendront chercher,
-Et me privé du plaisir de le faire moi-même, tu plaisantes ? Ça fait bien trop longtemps que j’attends cela, j’y ai passé des années à tout planifier et je n’ai même pas besoin de le toucher personnellement car à ce que j’ai compris je lui ferais plus de mal en m’en prenant à elle, mais je n’ai pas l’intention de la tuer ne crains rien mon ami. En tout cas la prison m’aura servi à quelques choses et tu sais à quoi, à me faire des connaissances et crois moi Jacquot, ce que j’ai en réserve pour elle, ils ne sont pas prêt de l’oublier et il n’est pas prêt de la revoir non plus d’ailleurs,
-Tu m’inquiètes vieux, je ne sais pas si je me trompe mais on dirait que tu l’aimes encore. La dernière fois que tu as essayé de t’en prendre à eux tu t’es retrouvé aux Baumettes pendant huit longues années, on dirait que ça te manque ma parole mais bon tu fais ce que tu veux et au cas où on sera là ta sœur et moi, tu le sais bien,
-Oui je sais mais ils vont me le payer sois en certain, fut la dernière chose que je ferais dans ma chienne de vie et pour répondre à ta question qui n’en était pas une, oui je l’aime encore mais cela n’a rien à voir avec le fait qu’elle m’ait trahis et envoyé en taule. Je sais très bien que je lui en ai fait baver car j’étais alcoolique à l’époque et je ne lui en veux pas pour m’avoir laissé, j’aurais fait la même chose à sa place mais m’avoir envoyé derrière les barreaux ça non je ne lui pardonnerais jamais et à lui encore moins, quand j’ai blessé son frangin c’était lui en vérité qui était visé, je croyais avoir à faire à lui et à sa place j’ai presque tué ce pauvre type. Excusez moi si je ne vous en dit pas plus mais il vaut mieux pour votre sécurité à tous les deux que vous en sachiez le moins possible sur cette histoire, les personnes avec qui je fais mes affaires ne sont pas des enfants de cœur crois moi. Je pensais que vu qu’elle se trouvait aux États-Unis cela allait être compliqué pour la faire sortir du Pays mais sans le savoir c’est elle qui va me faciliter la tâche, bon je ne t’en dit pas plus il faut que je file, j’ai un rendez-vous, saludo !
Les connaissances dont parlait Da Silva étaient en effet loin d’être des enfants de cœur, certains d’entre eux avaient aussi de la famille parmi les pirates Somalis, ils avaient les moyens de faire disparaitre quiconque leur barrait le chemin et depuis que Da Silva avait sauvé la vie de l’un d’entre eux lorsqu’ils se trouvaient aux Baumettes, ils lui étaient redevables. Oh il ne l’avait pas fait par pure bonté de cœur mais bien pour servir son projet et cela avait que trop bien fonctionné, ils étaient devenus inséparables et c’est alors qu’il leur avait fait part de son plan pour se venger de son ex femme et de Daniel. Même s’il serait libéré bien avant eux, leurs cousins au Pays se chargeraient des détails, car pour eux il ne s’agissait bien que de simples détails, restait à trouver le moyen d’aller au Darfour au plus vite car Da Silva comptait bien être de la partie. Son but étant de la voir se pétrifier d’horreur au moment même où elle découvrirait qui avait tiré les ficelles de son enlèvement, il ne manquerait cela pour rien au monde quitte à se faire tuer, dorénavant il n’avait plus rien à perdre mis à part sa misérable vie et elle n’avait plus beaucoup d’importance pour lui désormais, plus rien n’avait d’importance depuis qu’il savait l’avoir perdu à tout jamais.
…………..
Pour Sonia une nouvelle vie commençait, il y avait plusieurs choses à gérer, d’abord l’absence de l’homme de sa vie même si ne n’était que temporaire mais aussi la chaleur étouffante et surtout l’odeur, on dit que la mort a une odeur et c’était malheureusement vrais dans cet endroit du monde car elle était partout, chaque bâtiment, chaque ruelle, même les vêtements étaient imprégnés de cette odeur de mort nauséabonde et c’était tout nouveau pour elle car si les journaux télévisés transmettaient bien les images et le son, il n’en était rien pour les odeurs ; pour Sonia ce fut le plus difficile à supporter au début et elle allait apprendre à lutter en permanence contre la nausée.
Un tout terrain se gara devant le hall d’arrivée de l’aéroport et deux hommes en tenues militaire et une femme en costume civile locale en descendirent, ils accostèrent Sonia avec beaucoup de courtoisie.
-Docteur Bennet ? Êtes-vous le Docteur Sonia Bennet ? Demanda la jeune femme dans un français presque parfait, on m’a envoyé vous chercher je me présente mon nom est Soraya, avez-vous fait bon voyage Docteur ? Ces deux hommes vont nous escorter jusqu’au camp,
-Enchantée, mais appeler moi Sonia je vous en prie, oui le voyage a été agréable mais très long, mais avons-nous vraiment besoin de ces gardes armés ? Demanda-t-elle inquiète,
-malheureusement oui, répondit la jeune femme, vous vous en rendrez compte très vite à peine sortie de la ville, les routes ne sont pas du tout sures en ce moment, il y a des rebelles de partout, la semaine dernière ils ont enlevé un journaliste américain et l’on n’a plus de nouvelles depuis.
A peine sortie de la capitale le chauffeur engagea le tout terrain sur une route poussiéreuse qui menait directement à un petit village qui n’était inscrit sur aucune carte et alla se garer tout près d’une baraque d’argile et de briques grossières d’où sorti un homme d’une cinquantaine d’années, il s’approcha de la voiture et lança sèchement quelques parole dans un dialecte somalis. A ses mots Soraya ordonna à Sonia de descendre.
-Vous êtes arrivée, lui lança la jeune femme, allez descendez dépêchez-vous !
-que se passe-t-il ? Ce n’est pas le camp de réfugiés, demanda Sonia qui commençait sérieusement à s’inquiéter.
Le coup d’œil que l’un des gardes lança à Soraya n’échappa pas à Sonia et son instinct lui dit qu’il valait mieux obtempérer.
-Il ne faut pas vous inquiéter pour votre vie, lui dit la jeune femme, nous n’avons pas l’intention de vous tuer car ils vous veulent vivante et si possible en bonne santé.
-Mais qui êtes vous ? Demanda Sonia,
-Nous ne faisons pas partie de la milice ni encore moins des rebelles locaux, d’ailleurs nous ne sommes même pas de ce pays,
-Que me voulez vous alors ? Ma famille n’a pas d’argent, je ne suis qu’une simple pédiatre, répondit Sonia de plus en plus inquiète,
-Écoutez ! Moi je fais ce qu’on m’ordonne un point c’est tout, s’écriât-elle, l’homme que vous avez vu est mon oncle, en l’absence de mon père c’est lui qui commande et ces deux hommes sont mes cousins, ils vont rester ici pour monter la garde en attendant que l’on vous transfère je ne sais où alors prenez votre mal en patience, ne nous créez pas de problème et tout ira pour le mieux.
Sonia fit simplement oui de la tête et alla s’assoir sur une vieille natte dans un angle de la case. Dans quel pétrin c'était elle encore fourré, elle qui se moquait toujours de Maxime car il avait le don lui disait-elle de se fourrer dans les embrouilles des plus improbables et bien cette fois elle le devançait d’une bonne longueur et même de plusieurs kilomètres, se dit-elle. Ces geôliers ne l'avaient pas brutalisé et n'avaient pas l'air très agressifs mais il étaient tous armés jusqu'aux dents alors il valait mieux être prudente et faire tout ce qu’ils lui demanderaient pour ne pas les agacer. Elle pensait à Daniel et elle se dit qu’il allait se faire un sang d’encre vu qu’elle n’avait pas encore pu l’appeler. La pensée de son mari l’apaisa et elle se dit qu’elle penserait à lui à chaque fois qu’elle se sentirait inquiète ou bien apeurée. Daniel était comme un antistress naturel pour elle et elle se demanda ce qu’il ferait dans un moment pareil, il resterait surement zen et impassible comme à son habitude et Sonia se dit que c’était surement la meilleur façon d’agir, Soraya avait bien dit qu’elle ne courait aucun risque pour sa vie ni pour son intégrité alors il valait mieux ne pas paniquer et surtout garder son calme.