mardi 23 août 2011

LADY WOLF / CHAPITRE II


Pendant ce temps là au château de Lavallière, Henri chargeait les domestiques de la préparation de leur départ. Cette mission était de la plus grande importance et Louis VI l'ayant chargé personnellement de cette tache, il était hors de question qu'il faillât à son devoir, l'honneur de son nom en dépendait quitte à y laisser sa vie. Il en était ainsi depuis que l'un de ses aïeux avait trahis la couronne, il jura pour racheter son nom que tous les premiers fils de la famille pour les siècles à venir se devraient d'être personnellement au service du Roi.
 Le voyage n'allait pas être de tout repos, la route pour le sud-ouest du royaume étant infesté de brigands de toutes sortes et bien qu'en armure les deux chevaliers allaient surement devoir faire allié de toute leur vigilance pour ne pas tomber dans un traquenard, car il allait leur falloir plusieurs jours pour atteindre leur but, l'abbaye de St Clotilde.
***
(Pendant ce temps, sur un chemin en Bourgogne)
-« Mon oncle! Commença Maïlin avec une pointe d'inquiétude dans la voix, »
-« Oui, qu'est ce qui te chagrine ma fille? Je sent à ta voix que quelque chose te tracasse, »
-« Oui, en effet, répondit-elle, tu crois qu'il est encore là ? L'ours, penses tu qu'il soit encore en vie après tout ce temps ? « 
-« Ça, je ne sais malheureusement pas, mais si c'était le cas, ce ne sera plus la même histoire car cette fois ci nous sommes deux, en plus d'Asia bien-sûr, et nous allons le lui faire payer très cher, pour tout ce qu'il lui a fait crois moi, »
-« J'en tremble rien qu’à l'idée, car même si je n'étais qu'une petite fille à cette époque, ce souvenir est toujours très présent dans ma mémoire et pour rien au monde je ne veux revivre cela à nouveau tu comprends, »
-« N'y penses pas pour l'instant, penses plutôt aux retrouvailles que tu vas bientôt avoir avec ton frère, ce n'était qu'un enfant de douze ans lorsque l'on vous a séparé et maintenant tu vas retrouver un homme et lui va retrouver une forte, charmante et bien jolie jeune femme à la place de la toute petite fille espiègle et orgueilleuse dont il se souvient. Je sais que tu en veux terriblement à ta belle mère mais elle n'est plus de ce monde désormais, donc tu n'as aucune crainte à avoir et puis je suis là, à tes cotés, »
-« Oui...je sais, répondit-elle pensive, mais..... »
-« Pas de mais, combien de temps penses-tu qu'il va nous falloir pour arriver au château ? Cela va déjà faire plusieurs jours que nous parcourons la Bourgogne, j'espère que nous ne nous pas égarés. « 
 -« Mais non mon oncle, souvenez vous de ce que nous a dit ce prêtre, j’ai tout gravé sur les planchettes et nous avons suivit toutes ses indications à la lettre, donc nous devrions arriver…..approximativement…..dans deux ou trois jours maximum, dit-elle joyeusement en examinant la tablette,
-« Je n’avais jamais vu autant d’arbres différent de toute ma vie, remarqua Ming-Han »

-« C’est normal, vu que vous n’avez jamais quitté la Mongolie auparavant »

Deux jours passèrent et ils furent bientôt en vu du Château de Lavallière. Maïlin n’avait pas oublié son enfance en ces lieux et tous ses souvenirs lui revinrent à la mémoire. Des souvenirs heureux avec son père et son frère et d’autres beaucoup plus triste, la mort de son père et l’attaque de l’ours sur sa mère, le jour où la Comtesse les avait chassé, un animal qu’elle avait élevé elle-même et qui lui obéissait au doigt et à l’œil.
Maïlin frissonna d’effrois à ce seul souvenir, mais peut-être était-il mort après tout ? Quinze années étaient passées depuis et l’ours était déjà adulte à cette époque.
-« Cela ne servait à rien de faire des suppositions, se mit-elle à penser, s’il est encore de ce monde, la comtesse, elle ne l’est plus de toutes façons, il n’y aura donc plus personne pour le commander. »
Maïlin et son oncle s’engagèrent sur l’alléequi menait au Château et elle ralentit au fur et à mesure qu’elle s’approchait malgré l’envie de revoir son frère, la peur la freinait, une peur presque viscérale.
Ming-Han s’en aperçu et stoppa son cheval.
-« Calme-toi, lui dit-il, sinon…bref tu sais très bien ce que je veux dire n’est ce pas ? Ce n’est pas le moment, peut-être que ton frère est au courant pour ton petit secret, mais ce n’est surement pas le cas pour les domestiques, aller, respire un bon coup et reprends-toi » Maïlin se fit guerre à elle-même avec une force surhumaine pour reprendre ses esprits, elle avait bien assimilé tout ce que lui avait enseigné sa mère, parmi les peu de choses qu’Asia avait réussi à enseigner à sa fille, cela était bien l’une des plus importante, l’autocontrôle.
- « C’est bon mon oncle, je vais bien, allons y maintenant »

Le printemps était à ses portes et ici et là il y avait encore quelques touches de blanc parmi les jonquilles et les jacinthes ; cela lui rappela quelques précieux souvenirs d’enfance avec ses deux parents et son frère ainé, Des souvenirs de courses folles dans la neige et de bouquets fleuris.
Soudain son cheval tressailli, et le faucon qui volait haut au dessus de leurs têtes, poussa un cri strident synonyme d’un danger imminent. Tous se figèrent, puis descendirent de leurs montures pendant qu’Asia se préparait déjà à l’attaque tous crocs dehors, elle avait pressenti quel était le danger.
Bientôt il leur fit face, encore plus grand et monstrueux qu’il était dans leurs souvenirs, l’ours était là, debout sur ses pattes arrières devant eux et leur barrait le chemin.

vendredi 12 août 2011

LADY WOLF / CHAPITRE I


CHAP I
(Château De Lavallière, an 1137 après JC)

-« Une personne désirerait s’entretenir avec vous Monsieur le conte, annonça le domestique, il dit être envoyé par le Roi lui-même et j’ai vérifié il en a le seau, puis-je le faire entrer Monsieur ? »
-« Par le Roi vous dites! Mais bien-entendu enfin, qu’il n’attende pas, répondit le conte Henri De Lavallière. »
Un chevalier en armure pénétra dans l’immense salle de réception du château, il s’arrêta au beau milieu et s’agenouilla aux pieds de son hôte posant sa lourde épée à ses genoux sur le sol de pierre
-« Je suis le chevalier Guillemet De la Mirande monsieur le conte, sa majesté m’envoie pour solliciter votre aide monsieur, dit-il »
-« De quoi s’agit-il? demanda le conte, mais quoi qu’il en soit je suis au service de sa majesté, »
-« C’est une affaire de la plus grande importance mais aussi qui doit rester dans le plus grand secret, répondit le chevalier, il y a eut des morts et des disparitions bien trop mystérieuses à l'abbaye de Sainte Clotilde et sa majesté n’a confiance qu’en vous seul pour élucider ce mystère. Tous ceux qui y sont allé pour enquêter ont disparus à leur tour et il va vous falloir user de la plus grande prudence, je vais d’ailleurs vous y accompagner pour assurer votre sécurité »
-« Très bien, qu’il en soit donc ainsi je vais faire préparer le nécessaire pour notre voyage et nous partirons demain à l’aube »


***
(Quelques parts en Germanie)
 Pendant ce temps une jeune fille et son Oncle qui arrivaient de Mongolie traversaient l’immense forêt noire en direction du château de Lavallière. MaïLin avait été élevée par son oncle à la mort de sa mère et après que l’épouse de son père l’ai chassé du château. Son oncle avait eut bien du mal avec cette petite fille espiègle et orgueilleuse mais il fit de son mieux. Lui même chasseur fauconnier et maitre d’armes il enseigna à sa nièce tout son savoir n’ayant pas eut de fils à qui le transmettre. Maïlin avait donc grandi dans les plaine de Mongolie à cheval la plus part du temps, elle montait mieux que la plus part des hommes et elle était la joie et la fierté de son oncle. Elle n’avait pas revu son demi frère depuis trop longtemps et était bien décidée à relier les liens familiaux après avoir eut connaissance du décès de sa belle mère
-« Es tu absolument certaine que Henri va te recevoir les bras ouverts? Demanda le vieil homme »
-« Certaine non, je n’ai pas vu mon demi-frère depuis plus de quinze ans mon oncle ! Comment voulez vous que j’en sois certaine, tout ce que je sais c’est que nous nous entendions bien lorsque sa mère n’était pas dans les parages et que au vu de son décès il ne devrait pas y avoir de problèmes entre nous, maintenant il va falloir nous dépêcher car la route est encore longue. »
-« Est ce que ton frère est au courant pour notre petit secret de famille ? Demanda-t-il inquiet »
-« Oui ! Pour le moins, il l'est à moitié, répliqua Maïlin »
-« Qu'est ce que entends par à moitié »
-« Je veux dire qu'il l'est pour ce qui est de ma mère, c'est tout, je n'avais que sept ans lorsque je suis partie, enfin plutôt lorsque sa mère nous a chassé et.....bref tu connais la suite »
-« Oui malheureusement ma fille, je la connais que trop bien, si cet homme qui était au service de ton père n'avait pas accepté de te raccompagner, tu serais surement morte pendant ce long périple jusqu'en Mongolie »
-« Oui et maman aurait aussi succombé à ses blessures lors de l'attaque de l'ours, c'est lui qui l'a soigné et conduit jusqu'à toi, nous lui devons la vie et j'espère qu'il est toujours au château »
-« Je l'espère aussi car je n'ai même pas eut le temps de le remercier comme il se doit avant qu'il ne reparte »
Pour Ming-han, se souvenir douloureux était encore bien présent dans sa mémoire, de cette nuit de terreur, de sa sœur bien aimée étendue là sur les fourrures dans sa yourte et l'immense balafre que l'ours lui avait laissé sur le visage serait là pour le lui rappeler. La petite fille terrorisée qui l'accompagnait avait laissé place à une charmante jeune fille au fil des années et même si Asia s'était doucement remise de ses blessures, pour elle rien ne serait redevenu comme avant et son frère allait devoir désormais élever seul la petite fille qui se révéla être une enfant très difficile.


 
Les premières années de sa vie elle avait vécu dans un château et traitée comme une princesse par son père, alors accepter de vivre dans une yourte au milieu de nulle part et sans commodités aucune ne fut guère facile mais elle n'eut malheureusement pas le choix, son père décédé, sa belle mère les avait mise toutes deux à la porte sans aucun état d'âme et la seule option pour Asia était de ramener sa fille chez elle en Mongolie avec deux chevaux et des vivres pour un mois. Sans l'aide d'un domestique du comte, elles n'auraient eut aucune chance de survie et c'est bien sur cela que portaient les espoirs de la comtesse de Lavallière, qu'elles disparaissent à tout jamais et c’est ce qui avait bien faillit leur arriver.
La nuit n'allait pas tarder à tomber et il était temps pour eux d'installer la yourte, pas leur habitation familiale, mais celle qu'ils utilisaient pour les déplacements, beaucoup légère et maniable, mais surtout beaucoup moins longue à monter. Maïlin commença à planifier le terrain pendant que son oncle étalait l'ossature et les divers pans la petite yourte, en moins de deux heures leur abri pour la nuit était prêt et Maïlin y installa le petit poêle à charbon, qu'elle avait pris soin d'allumé dés leur arrivée. Leurs chevaux avaient été laissé paitre tranquillement près du ruisseau tout proche.
 
 
- As-tu aperçu Asia ? Je ne l'ai pas vu depuis que nous nous sommes arrêtés »
-« Elle est surement allé chasser, nous ne mangeons pas de viande depuis plusieurs jours mon oncle et elle ne tenait plus en place »
-« J'aurais bien été avec elle mais bon, pour le moins on aura gagné du temps, qui sait ce qu'elle va nous rapporter »
 
 
 
-« Ce qu'ils vont, vous voulez dire ! Tarkan n'est pas là non plus, on dirait bien que ces deux là font bande à part, répondit-elle avec un brin d'ironie »
Le faucon ne tarda pas à venir se poser sur l'un des piquets de la yourte, suivit de près par la louve qui tenait un énorme lièvre entre ses mâchoires, elle le posa gentiment aux pieds de Maïlin qui s'empressa de le dépecer. Asia exténuée alla se blottir sur les fourrures, au fond de leur abri en attendant le repas, la jeune fille vint s'assoir auprès d'elle, lui essuya le museau et la caressa longuement avec tendresse.
 


Maïlin s'était assoupie et la voix de son oncle la sorti de sa torpeur.
-« Bouges toi petite paresseuse, lui lança-t-il, le diner ne va pas se cuire tout seul ! »
-« Oui mon oncle, répondit-elle résignée, »
Une heure plus tard, le diner était fin prêt et ils s'installèrent sur les moelleux tapis au centre de la yourte, que ce soit chez eux en Mongolie ou bien en déplacement, les diner familiaux étaient un des moment que Maïlin aimait le plus, son oncle étant un sacré farceur, cela finissait presque toujours en fous rires. Leur histoire familiale était telle qu'ils avaient dut vivre en autarcie et le lourd secret qu'ils portaient de générations en générations les avaient toujours tenu éloigné de leurs semblable. Cela pesait sur les épaules de la jeune fille malgré qu'elle su qu'elle n'avait d'autre choix, même si elle aurait préférer pouvoir fréquenter les jeunes gents de son âge, cela lui était malheureusement impossible, le risque était bien trop grand. Un lourd secret qui la touchait tout personnellement vu qu'il était transmis uniquement par les femmes dans sa famille. 



dimanche 16 janvier 2011

"ET SI TOUT ETAIT ECRIT ?" / CHAPITRE III

CHAPITRE III


-Maintenant le fait est qu’elle est partie, songea-t-il, et il fallait redresser la tête et apprendre à vivre sans elle, pour le moins pendant les quelques mois qui le sépareraient de la femme de sa vie, trois mois et douze jours pour l’exactitude, car inconsciemment il avait déjà commencé le compte à rebours au moment même où elle était montée dans l’avion. À ce moment précis Daniel en était certain, rien ni personne ne pourraient jamais les séparer.
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Pendant que Sonia survolait l’Océan Atlantique, elle était en proie à mille doutes, était-ce une bonne idée de partir seule, peut-être que Daniel allait l’oublier, après tout les jeunes et jolies femmes ce n’était pas ce qui manquait à Denver et son mari était dans la force de l’âge, ce n’était pas un apollon mais sa timidité presque enfantine, ses beaux yeux bleu cobalt et le charme français faisaient toujours son effet, elle était consciente du risque qu’elle prenait en le laissant seul mais en son fort intérieur elle savait tout aussi bien qu’il n’avait plus jamais regardé aucune autre femme depuis le jour où il avait posé les yeux sur elle, ça elle en était plus que certaine et elle se mis à penser à leur toute dernière nuit, cela la fit sourire et apaisée par cette pensée elle s'endormit sereine.
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Le téléphone vibra deux fois et se tue, Daniel regarda le numéro qui s’affichait: Maxime, c’était le signal en cas d’urgence. En se rendant chez son frère, Daniel se demanda ce qu’il pouvait bien y avoir de si urgent pour le déranger à l’hôpital.
-Salut frérot, qu’est ce qu’il t’arrive? Lui demanda-t-il en voyant son air renfrogné, tu en fais une de ces tête,
-Assoies-toi plutôt, lui répondit-il, ce que j'ai à te dire ne va pas te plaire, mais alors pas du tout,
-Vas-y, lui ordonna Daniel, et ne tournes pas autour du pot,
-Bon je vais être direct alors, José Da Siva a eut une remise de peine pour bonne conduite et il vient d’être relâché,
-Tu te moques de moi? Pour bonne conduite ! Mais qui t’a dit une chose pareille?
-Tu te souviens d’Antoine le fils du garagiste, le gamin avec qui je trainais à l’époque du lycée?
-Comment pourrais-je l’oublier dis moi ? Vous aviez fait pousser toute une plantation de cannabis dans notre garage, répondit Daniel,
-Euh ! Passons le sujet tu veux ? Et bien il m’a envoyé un E-mail il y a deux heures de cela, il m’a dit que sa mère avait rencontré la sœur de Da Silva au supermarché et qu’elle lui avait dit que son frère était sorti de prison avant-hier, qu’il s’était rangé, qu’il avait changé, blablabla...des sornettes quoi ! Je n’en crois pas une parole et toi ? Qu’il ait changé je veux dire,
-j’avais compris, non je n’y crois pas non plus, répondit Daniel vert de rage, ce genre de type ne change pas comme cela, après tout ce qu’il a fait subir à Sonia pendant toutes ces années et aussi après ce qu’il t’a fait comment peuvent-ils le laisser sortir. Tu veux que je te dise maintenant que je sais qu’il n’est plus sous les verrous je suis plus tranquille que Sonia soit partie, là au moins il ne pourra pas l’atteindre mais toi tu vas être ici tout seul et ça m’inquiète beaucoup,
-Mais non il n’y a pas de quoi s’inquiéter crois moi, lui répondit Maxime pour essayer de le rassurer mais sans trop y croire, et puis je sais à quoi m’en tenir, pas comme l’autre fois où il nous a pris par surprise. Cette fois je sais qu’il est dehors et je l’attends de pied ferme,
-C’est bien ce qui m’inquiète le plus qu’est ce que tu crois, ajouta Daniel, la dernière fois il a bien faillit te tuer et je ne veux pas revivre cela tu m’entends,
-mais moi non plus frangin, une balle dans le ventre ça fait très mal tu sais, commença Maxime.

Fils et petit fils d’émigrés Espagnols, José Da Silva n’était qu’une petite frappe sans envergure, il avait été le premier mari de Sonia et il avait été incarcéré pendant trois ans suite aux agressions répétées envers son épouse et à sa sortie de prison il n’eut qu’une idée en tête c’était de la retrouver pour se venger d’elle mais aussi de l’homme qui était à l’origine de son incarcération. Daniel et Sonia étant tous deux de service à l’hôpital il tomba nez à nez avec Maxime qui était venu passer un weekend chez son frère, une lutte acharnée s’en suivit et le pauvre maxime fut très grièvement blessée et ce fut le retour à la case prison pour de nombreuses années pour José Da Silva qui jura de se venger, « je vais bien sortir un jour ou l’autre » s’écriât-il en sortant du tribunal, « et j’attendrais ce jour avec impatience, soyez en sur, j’ai tout mon temps ». Suite à cela ils émigrèrent aux états unis pour tenter d’oublier leurs mésaventures.
-Et si je venais avec vous deux en mission qu’est ce que tu en dis ? Continua Maxime, ils ont surement aussi besoin de profs là-bas pas vrais !
-Pas question, c’est trop risqué pour toi, s’écriât Daniel, cela l’est déjà pour quelqu’un qui entend parfaitement alors figure toi pour quelqu’un qui n’entend pas,
-Plus risqué que de se faire descendre par ce malade de Da Silva tu veux dire? Je n’ai pas besoin d’aller en zone de conflits, je pourrais tout aussi bien rester en ville là où ils ont le plus besoin de profs justement et puis je parle trois langues dont le Swahili en plus du langage des signes alors comme interprète ça ne serait pas mal non plus, insista Maxime,
-Si je comprends bien tu ne peux plus te passer de moi c’est ça ?
-Voila on va dire comme ça, si ça te fais plaisir, le taquina Maxime, et puis tu sais bien que j’ai au moins un point en commun avec ta femme, mis à part mon grand frère adoré, c’est que tout comme elle je suis une tête de mule, alors c’est oui ?
-Tu me laisses le choix ? demanda Daniel étonné,
-Ben non pas vraiment, répliqua Maxime avec un sourire narquois sur les lèvres.
Quoi qu’il fasse ou dise depuis toujours, son frère se pliait à toutes ses volontés, cela le faisait toujours sourire même s’il n’en abusait plus comme lorsqu’il était enfant, mais cette fois c’était différent car c’était de leurs vies dont-il s’agissait et qu’ils allaient mettre en danger. Daniel se dit que son jeune frère risquerait tout autant à rester seul à Denver alors autant le garder près de lui.
-Bon et bien il ne me reste plus qu’à les rappeler, ajouta Daniel résigné, avec l’espoir qu’ils ne t’enverront pas à des milliers de kilomètres du lieu où nous seront Sonia et moi,
-Qu’importe frérot, se réjouit Maxime, ce sera toujours moins loin que Denver et puis quitte à choisir je préfère mille fois affronter les rebelles que ce sadique de Da Silva.
Daniel téléphona à la responsable locale de médecins sans frontières.
-La capitale vous dites ! Répondit Daniel, c’est parfait, oui dans une semaine c’est très bien, je vais tout lui communiquer, merci bien, au revoir ma sœur,
-Alors vas y expliques moi ce qu’elle t’a dit, je n’ai compris que la moitié de ce que tu lui disais car tu parlais avec la bouche collée au combiné,
-Ah ! excuses moi je ne m’en étais pas rendu compte, répondit Daniel, bon tu pars dans une semaine pour le Darfour comme nous et ils s’occupent de ton visa mais par contre tu iras travailler dans la capitale et dans un hôpital car ils ont besoin d’un interprète qui parle le swahili mais aussi le langage des signes car l’institut pour enfants handicapés où il y avait plusieurs malentendants a été brulé et ils ont réellement besoin de tes services, la responsable a par ailleurs dit que tu étais un ange et que c’était le ciel qui t’envoyait, ce sont ses paroles exactes, je n’ai pas voulu la décevoir la pauvre, si elle avait su que c’était plutôt au démon Da Silva qu’elle devait cela,
-oui comme tu dis et bien ça alors c’est une histoire de fous pas vrais ! s’exclama maxime, comment aurais-je pu savoir en prenant le swahili comme troisième langue de secours que cela m’aurait été autant utile? Et puis c’est bien la première fois que l’on dit que je suis un ange, elle est comment la responsable, tu la connais ?
-Tu n’en rates pas une toi hein ?
-qui ça moi? S’indigna Maxime avec la main sur le cœur,
-Je t’y vois venir là mais ne t’emballes pas de trop, elle a presque soixante ans et c’est une religieuse,
-mais pour qui tu me prends ? Ajouta Maxime,
-Euh mais pour rien, seulement pour un inguérissable dragueur ahahah !!!
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José Da Silva avait gardé des contacts parmi les amis proches de Sonia et il ne tarda pas à être au courant de la situation et du lieu où elle se trouverait les jours suivant.
-Tant mieux, dit-il, pendant qu’elle va être isolée, je vais pouvoir mettre mon plan à exécution et je vais l’avoir à ma merci,
-Tu ferais mieux de charger quelqu’un d’autre de s’en occuper, lui répondit son beau frère, tout le monde sait que tu as beaucoup de rancune contre eux et s’il leur arrive quelques choses c’est directement toi qu’ils viendront chercher,
-Et me privé du plaisir de le faire moi-même, tu plaisantes ? Ça fait bien trop longtemps que j’attends cela, j’y ai passé des années à tout planifier et je n’ai même pas besoin de le toucher personnellement car à ce que j’ai compris je lui ferais plus de mal en m’en prenant à elle, mais je n’ai pas l’intention de la tuer ne crains rien mon ami. En tout cas la prison m’aura servi à quelques choses et tu sais à quoi, à me faire des connaissances et crois moi Jacquot, ce que j’ai en réserve pour elle, ils ne sont pas prêt de l’oublier et il n’est pas prêt de la revoir non plus d’ailleurs,
-Tu m’inquiètes vieux, je ne sais pas si je me trompe mais on dirait que tu l’aimes encore. La dernière fois que tu as essayé de t’en prendre à eux tu t’es retrouvé aux Baumettes pendant huit longues années, on dirait que ça te manque ma parole mais bon tu fais ce que tu veux et au cas où on sera là ta sœur et moi, tu le sais bien,
-Oui je sais mais ils vont me le payer sois en certain, fut la dernière chose que je ferais dans ma chienne de vie et pour répondre à ta question qui n’en était pas une, oui je l’aime encore mais cela n’a rien à voir avec le fait qu’elle m’ait trahis et envoyé en taule. Je sais très bien que je lui en ai fait baver car j’étais alcoolique à l’époque et je ne lui en veux pas pour m’avoir laissé, j’aurais fait la même chose à sa place mais m’avoir envoyé derrière les barreaux ça non je ne lui pardonnerais jamais et à lui encore moins, quand j’ai blessé son frangin c’était lui en vérité qui était visé, je croyais avoir à faire à lui et à sa place j’ai presque tué ce pauvre type. Excusez moi si je ne vous en dit pas plus mais il vaut mieux pour votre sécurité à tous les deux que vous en sachiez le moins possible sur cette histoire, les personnes avec qui je fais mes affaires ne sont pas des enfants de cœur crois moi. Je pensais que vu qu’elle se trouvait aux États-Unis cela allait être compliqué pour la faire sortir du Pays mais sans le savoir c’est elle qui va me faciliter la tâche, bon je ne t’en dit pas plus il faut que je file, j’ai un rendez-vous, saludo !
Les connaissances dont parlait Da Silva étaient en effet loin d’être des enfants de cœur, certains d’entre eux avaient aussi de la famille parmi les pirates Somalis, ils avaient les moyens de faire disparaitre quiconque leur barrait le chemin et depuis que Da Silva avait sauvé la vie de l’un d’entre eux lorsqu’ils se trouvaient aux Baumettes, ils lui étaient redevables. Oh il ne l’avait pas fait par pure bonté de cœur mais bien pour servir son projet et cela avait que trop bien fonctionné, ils étaient devenus inséparables et c’est alors qu’il leur avait fait part de son plan pour se venger de son ex femme et de Daniel. Même s’il serait libéré bien avant eux, leurs cousins au Pays se chargeraient des détails, car pour eux il ne s’agissait bien que de simples détails, restait à trouver le moyen d’aller au Darfour au plus vite car Da Silva comptait bien être de la partie. Son but étant de la voir se pétrifier d’horreur au moment même où elle découvrirait qui avait tiré les ficelles de son enlèvement, il ne manquerait cela pour rien au monde quitte à se faire tuer, dorénavant il n’avait plus rien à perdre mis à part sa misérable vie et elle n’avait plus beaucoup d’importance pour lui désormais, plus rien n’avait d’importance depuis qu’il savait l’avoir perdu à tout jamais.
…………..
Pour Sonia une nouvelle vie commençait, il y avait plusieurs choses à gérer, d’abord l’absence de l’homme de sa vie même si ne n’était que temporaire mais aussi la chaleur étouffante et surtout l’odeur, on dit que la mort a une odeur et c’était malheureusement vrais dans cet endroit du monde car elle était partout, chaque bâtiment, chaque ruelle, même les vêtements étaient imprégnés de cette odeur de mort nauséabonde et c’était tout nouveau pour elle car si les journaux télévisés transmettaient bien les images et le son, il n’en était rien pour les odeurs ; pour Sonia ce fut le plus difficile à supporter au début et elle allait apprendre à lutter en permanence contre la nausée.
Un tout terrain se gara devant le hall d’arrivée de l’aéroport et deux hommes en tenues militaire et une femme en costume civile locale en descendirent, ils accostèrent Sonia avec beaucoup de courtoisie.
-Docteur Bennet ? Êtes-vous le Docteur Sonia Bennet ? Demanda la jeune femme dans un français presque parfait, on m’a envoyé vous chercher je me présente mon nom est Soraya, avez-vous fait bon voyage Docteur ? Ces deux hommes vont nous escorter jusqu’au camp,
-Enchantée, mais appeler moi Sonia je vous en prie, oui le voyage a été agréable mais très long, mais avons-nous vraiment besoin de ces gardes armés ? Demanda-t-elle inquiète,
-malheureusement oui, répondit la jeune femme, vous vous en rendrez compte très vite à peine sortie de la ville, les routes ne sont pas du tout sures en ce moment, il y a des rebelles de partout, la semaine dernière ils ont enlevé un journaliste américain et l’on n’a plus de nouvelles depuis.
A peine sortie de la capitale le chauffeur engagea le tout terrain sur une route poussiéreuse qui menait directement à un petit village qui n’était inscrit sur aucune carte et alla se garer tout près d’une baraque d’argile et de briques grossières d’où sorti un homme d’une cinquantaine d’années, il s’approcha de la voiture et lança sèchement quelques parole dans un dialecte somalis. A ses mots Soraya ordonna à Sonia de descendre.
-Vous êtes arrivée, lui lança la jeune femme, allez descendez dépêchez-vous !
-que se passe-t-il ? Ce n’est pas le camp de réfugiés, demanda Sonia qui commençait sérieusement à s’inquiéter.
Le coup d’œil que l’un des gardes lança à Soraya n’échappa pas à Sonia et son instinct lui dit qu’il valait mieux obtempérer.
-Il ne faut pas vous inquiéter pour votre vie, lui dit la jeune femme, nous n’avons pas l’intention de vous tuer car ils vous veulent vivante et si possible en bonne santé.
-Mais qui êtes vous ? Demanda Sonia,
-Nous ne faisons pas partie de la milice ni encore moins des rebelles locaux, d’ailleurs nous ne sommes même pas de ce pays,
-Que me voulez vous alors ? Ma famille n’a pas d’argent, je ne suis qu’une simple pédiatre, répondit Sonia de plus en plus inquiète,
-Écoutez ! Moi je fais ce qu’on m’ordonne un point c’est tout, s’écriât-elle, l’homme que vous avez vu est mon oncle, en l’absence de mon père c’est lui qui commande et ces deux hommes sont mes cousins, ils vont rester ici pour monter la garde en attendant que l’on vous transfère je ne sais où alors prenez votre mal en patience, ne nous créez pas de problème et tout ira pour le mieux.
Sonia fit simplement oui de la tête et alla s’assoir sur une vieille natte dans un angle de la case. Dans quel pétrin c'était elle encore fourré, elle qui se moquait toujours de Maxime car il avait le don lui disait-elle de se fourrer dans les embrouilles des plus improbables et bien cette fois elle le devançait d’une bonne longueur et même de plusieurs kilomètres, se dit-elle. Ces geôliers ne l'avaient pas brutalisé et n'avaient pas l'air très agressifs mais il étaient tous armés jusqu'aux dents alors il valait mieux être prudente et faire tout ce qu’ils lui demanderaient pour ne pas les agacer. Elle pensait à Daniel et elle se dit qu’il allait se faire un sang d’encre vu qu’elle n’avait pas encore pu l’appeler. La pensée de son mari l’apaisa et elle se dit qu’elle penserait à lui à chaque fois qu’elle se sentirait inquiète ou bien apeurée. Daniel était comme un antistress naturel pour elle et elle se demanda ce qu’il ferait dans un moment pareil, il resterait surement zen et impassible comme à son habitude et Sonia se dit que c’était surement la meilleur façon d’agir, Soraya avait bien dit qu’elle ne courait aucun risque pour sa vie ni pour son intégrité alors il valait mieux ne pas paniquer et surtout garder son calme.










vendredi 5 novembre 2010

ET SI TOUT ETAIT ECRIT / CHAPITRE II

CHAPITRE II


-ça te dirait de venir déjeuner avec ton frangin aujourd’hui ? demanda Daniel, à moins que tu ais mieux à faire avec tes innombrables petites amies ?
Maxime Junot était tout le contraire de son frère ainé, très brun, grand et avec un physique de rugbyman. Il était enseignant dans une école spécialisée pour élèves malentendants, étant lui-même sourd depuis l’enfance suite à une méningite, ce qui lui valait le fait de parler tout à fait normalement, il lisait parfaitement sur les lèvres et menait une vie tout à fait remplie, c’était un bon vivant doublé d’un parfait Don Juan.
-Non non je n’ai rien à faire, répondit Maxime, il y a une raison particulière ou bien tu veux seulement passer un peu de temps avec ton petit frère ?
-Les deux, répondit Daniel avec une certaine lassitude, disons que j’avais besoin de passer un peu de temps avec toi mais aussi de te parler de quelque chose qui me tien à cœur et qui ne va surement pas te plaire.
Voyant l’hésitation de son frère Maxime s’avança inquiet.
-Ah bon, vas y accouches !!!
-Je préfèrerais attendre d’avoir déjeuné si cela ne te dérange pas, je ne voudrais pas nous couper l’appétit si tu vois ce que je veux dire, ajouta Daniel,
-Arrêtes tu veux !!! Tu sais bien que je ne suis pas patient comme toi, qu’est ce qu’il y a tu es malade ou bien alors c’est Sonia ou bien quoi ?
-Non non rien de tout ça, tu n’y es pas du tout, enfin si dans un certain sens c’est un problème qui a à voir avec Sonia mais pas pour ce que tu penses, elle a démissionné hier soir et elle va bientôt partir en mission humanitaire mais ce n’est pas tout,
-Qu’est ce que tu essayes de me dire frangin ? Commença Maxime la gorge nouée, viens en aux faits et arrêtes de tourner autour du pot tu veux, je te connais que trop bien pour savoir que tu l’aimes trop pour la laisser partir toute seule.
Les yeux de Daniel s’embuèrent de larmes, il s’était retenu jusque là mais s’en était trop pour lui, son amour pour son frère et sa sensibilité exacerbée ne lui permettant pas de tenir plus longtemps. Ce genre de mission était toujours très risquée même pour le personnel médical, les journaux télévisés relataient sans cesse de médecins ou bien d’infirmières tués lors de missions humanitaire dans les pays en guerre et ils savaient tous deux que son épouse et lui même risquaient de ne pas revenir et Maxime le savait tout aussi bien mais il était conscient que leur décision était prise et que rien ne les feraient changer d’avis, il serra son frère dans ses bras du plus fort qu’il pouvait et malgré son chagrin il se retint de pleurer, Daniel avait déjà assez de peine comme cela, se dit-il, sans qu’il n’ait à gérer aussi la sienne et il pourrait pleurer à sa guise une fois resté seul.
-ça va aller grand frère, ajouta Maxime le cœur serré, on va s’en sortir comme d’habitude, on en a vu d’autres pas vrais et puis ce n’est pas la fin du monde n’est ce pas, vous allez bien avoir des vacances? Moi aussi par ailleurs alors ne t’inquiètes pas on va se revoir plus tôt que tu peux l’imaginer.
Daniel fit signe que oui de la tête tout en continuant à sangloter mais il fallait qu’il se reprenne au plus vite, Maxime avait pris la chose bien mieux qu’il l’avait pensé ou bien alors c’était en apparence et il allait s’effondrer à peine l’eut-il quitté, là était la question et il ne le saurait probablement jamais, Maxime avait toujours été le moins faible des deux autant physiquement que moralement et il n’était pas du genre à dire ce qu’il ressentait. La seule force de Daniel était son calme légendaire alors que son frère était très impulsif ce qui lui attirait régulièrement des problèmes. Même à la mort de leurs parents et de leur petite sœur dans un accident d’avion alors que le jeune Daniel lui-même encore adolescent n’avait jamais perdu son calme et avait tout de suite pris les choses en main prenant aussi soin de son petit frère de quatorze ans et de leur grand-mère maternelle. Mais cette fois il laissait libre cour à ses émotions, des émotions contenues pendant temps d’années, ce n’était pas seulement des larmes de chagrin mais aussi des larmes libératoires et ça Maxime le savait c’est pourquoi il le serrait dans ses bras sans mot dire se contentant d’être là tout simplement comme il l’avait fait pour lui enfant.
-C’est raté pour le restaurant hein frérot !!! Affirma Maxime pour rompre le silence,
-Non pourquoi ? Demanda Daniel qui reprenait ses esprits, Sonia travaille ce soir mais moi je suis libre et j’ai appris qu’il y avait un nouveau français près de la gare, si on y allait faire un tour, ça te dirait de la bonne cuisine bien de chez nous ? Même si ça ne vaudra jamais celle de notre grand-mère c'est clair,
-Ah ça c’est sur, dieu que je rêve d’un bon gratin dauphinois comme celui qu’elle nous faisait lorsqu’on rentrait de l’école tu te souviens ?
-Ah non le gratin c’était toi, moi c’était des tartines de pain grillées avec du beurre et de la confiture de mûres, comment peut-on manger du gratin au gouter, ça me dépasse.
Daniel avait retrouvé le sourire et ils prirent la direction de la gare. Cette journée avait été très éprouvante pour les deux frères et Sonia étant de garde toute la nuit, Daniel décida de rester dormir chez Maxime. Le lendemain était une journée chargée et il avait deux interventions à cœur ouvert dés huit heure du matin, pas le temps de parler à sa femme. Quand à elle Sonia regrettait d’avoir échangé son jour de repos mais le mal était fait et elle ne pouvait pas revenir en arrière, elle espérait qu’au moins elle pourrait passer quelques jours avec son mari avant son départ.
Plusieurs jours passèrent et la réponse tant attendue arriva enfin, Sonia serait bien envoyée au Darfour et Daniel pourrait l’y rejoindre par la suite. Les deux semaines qui suivirent furent les plus pénibles car chaque jour les rapprochaient un peu plus du départ et l’angoisse de la séparation se faisait un peu plus sentir à mesure que le temps passait.
La veille de son départ les collègues de Sonia lui avaient préparés une petite fête d’adieu au « Caffé Napolitano » et seul le docteur Steven MacLaren n’était pas présent ce soir là. Il n’osa pas se présenter et Sonia vécu ça comme un nouvel affront de la part de son collègue.
-De toutes façons c’est beaucoup mieux comme ça, dit-elle, si non telle que je me connais ça aurait risqué de partir en cacahuète,
-Oui bien mieux, répondit Daniel, et puis je ne pense pas qu’il soit le bienvenu de toutes façons n’est ce pas ?
-Tout à fait ! Répliqua Cathy Abbott, même si c’est mon chef de service je n’ai pas peur de dire que je ne l’ai jamais apprécié, je ne m’en suis jamais caché et je ne suis pas la seule d’ailleurs,
-Et c’est en partie à cause de lui si Sonia nous quitte et il le sait bien, c’est pour cela qu’il n’est pas venu, ajouta Nelson Brown le chef du service orthopédique, je sais que cela ne servira à rien si je te dis tout cela mais saches que nous en avons tous parlé et que nous avons décidé de faire évoluer les choses dans cet hôpital,
-Et bien si ma décision de partir sert à quelques chose ce sera toujours ça de pris n’est ce pas, répondit Sonia, mais non ça ne me fera pas rester ni changer d’avis, ma décision est prise et de toutes façon c’est ma vocation depuis toujours et tu devrais le comprendre mieux que quiconque,
-Oui bien-sûr que je te comprends, assura Nelson, ces cinq ans que j’ai passé au Rwanda ont changé ma façon de faire la médecine à tout jamais mais fais très attention et ceci est valable pour tous les deux, c’est une arme à double tranchants car il n’y a pas que votre façon de soigner les patients qui va changer, votre fond intérieur aussi, dans des pays où la plus petite dose d’antibiotique coute une fortune, la moindre blessure peu s’infecter rapidement et on a pas toujours les moyens contre tout ça malheureusement et c’est ce qui est le plus dur à supporter, l’impuissance mais aussi l’indifférence générale. Tu t’es tout naturellement indignée pour la mort de ce petit garçon à cause d’une simple rougeole et bien saches que là-bas il en meure des dizaines à chaque seconde pour la même raison et aussi pour d’autres raisons tout aussi ignobles. Il va te falloir une solide carapace pour ne pas craquer, j’ai vu des gents que je croyais invincibles sur le plan psychologique s’écrouler en larme devant le cadavre d’un bébé, mais vous avez un avantage que les autres n’ont pas mes amis, vous serez ensembles tous les deux et ça c’est extrêmement important et je vous donne un petit conseil d’ami, essayez de garder du temps pour vous, pour ne pas perdre la raison et dormez chaque fois qu’il vous est possible de le faire, même 15 minutes entre deux interventions car si vous tombez malade vous ne pourrez plus aider personne, ça je l’ai appris par mon expérience personnelle et autre chose, revenez vite et en un seul morceau si possible OK !
Nelson Brown était un homme de quarante trois ans, une armoire à glace originaire de Los Angeles. Ses nombreux tatouages rappelaient qu’il avait fait parti d’un gang et grandi dans un ghetto jusqu’au jour où la mort sanglante de plusieurs de ses camarades dans une fusillade où il avait aussi faillit perdre la vie lui avait fait prendre conscience qu’elle ne tenait qu’a un fil mais que chacun avait aussi le pouvoir de la changer, il suffisait pour cela d’un peu de courage, de chance et de beaucoup de persévérance et de volonté et ça elle ne lui faisait jamais défaut bien au contraire. Mais que pouvait-il bien espérer lui, petit afro-américain des bas fonds? Vu qu’il excellait au football américain son seul espoir restait le sport, il fut remarqué par une université, reprit alors le chemin des études s’occupant petit à petit à combler ses lacunes culturelles et gagna sa bourse scolaire à la sueur de son front mais son but ultime restait les études de médecine qu’il savait hors de prix et bien s’il devait pour cela étudier le jour et travailler la nuit soit, il allait leur montrer à tous de quoi il était capable et ensuite il reviendrait sortir sa famille de cette misère où elle s’était embourbée. Et le fait en était qu’il avait bien réussi, sa famille habitait toujours Los Angeles mais à Santa Barbara et dans son ancien ghetto il avait ouvert un centre sportif et culturel pour les gamins des bas quartiers pour les empêcher de trainer dans les rues et de rejoindre les gangs, chaque jeune qui venait s’inscrire au centre était peut-être un jeune de plus de sauvé et de cela il en était très fier, encore plus que de sa réussite personnelle. Après quelques années de spécialisation en orthopédie et encore plusieurs dans un hôpital de Philadelphie il décida de partir pour le Rwanda avec médecins sans frontières où il resta cinq ans, cinq longues années à côtoyer la misère et l’horreur en ne voyant que très peu sa famille. Ce n’est que lorsqu’il apprit la mort prématurée de son père qu’il décida de rentrer auprès des siens, mais tout ce qu’il avait vu et vécu affecta son esprit pour toujours. Malgré sa profession de médecin il se faisait régulièrement contrôler par la police lors de ses sorties à cause de ses tatouages et de ses tenues vestimentaire mais surtout pour son caractère irascible et bagarreur qui lui avaient valu le surnom de docteur Barracuda et pour cela il se faisait continuellement charrier par ses collègues et même si cela l’exaspérait au début, il avait fini par en faire l’habitude mais il n’en était pas moins très apprécié et respecté.
La petite fête se déroula comme elle avait commencé, en gaité entre bons et mauvais souvenirs mais Sonia partait très tôt le lendemain et il était temps de se quitter pour tous, la plus part étant de service ce soir là. Tous prirent le chemin, qui de l’hôpital, qui de leurs foyers mais pour Sonia et Daniel c’était la toute dernière nuit avant très longtemps et ils comptaient bien en profiter jusqu'à la dernière seconde. Ils étaient fatigués mais il était hors de question de dormir vu le peu de temps qu’il leur restait. De retour à leur appartement Daniel pris sa femme dans ses bras, la porta jusque dans leur chambre et la déposa avec une incroyable douceur sur le lit. Le lendemain elle partirait mais en attendant ils étaient encore ensemble et Daniel voulait graver ces instants à tout jamais dans sa mémoire.
-Tu vas me manquer à en mourir mon amour, lui dit-il, mais surtout ne t’inquiètes pas je vais écourter le plus possible le temps qu’il me reste ici pour pouvoir te rejoindre au plus tôt,
-je sais bien, répondit Sonia tristement, même si je crois que je ne vais pas avoir beaucoup de temps pour m’ennuyer à ce que l’on m’a dit mais j’espère sincèrement que tu va me rejoindre très vite car nous ne nous sommes jamais quitter pour un temps aussi long et je ne sais pas combien de temps je vais résister sans toi à mes cotés mon chéri.
Sonia avait été marié une première fois mais ce n’avait pas été un mariage heureux bien au contraire, pendant les deux ans qu’elle avait vécu avec son premier mari il n’avait cessé de la battre et de la tromper, elle pensait ne plus jamais pouvoir faire confiance en un homme et c’est lors d’un de ces innombrables visites aux urgences qu’elle avait rencontré celui qui allait lui redonner confiance en la vie mais aussi en l’amour. Elle se rendait compte à quel point il l’aimait et à quel point il devait souffrir en ce moment même et elle s’en voulait de devoir lui faire subir tout cela mais ce n’était que temporaire songea-t-elle, ils seraient bientôt à nouveau réunis et cela pour toujours. Mais pour l’instant ils avaient toute la nuit pour s’aimer et la force du désespoir était si intense qu’ils firent l’amour d’une façon qu’aucun des deux ne pourrait plus jamais oublier.

mercredi 27 octobre 2010

ET SI TOUT ETAIT ECRIT / CHAPITRE 1

ET SI TOUT ETAIT ECRIT ?

CHAP I

-Je suis sur qu’on aurait pu faire quelque chose pour le petit Jackson !!! s’écria Sonia,
-Si seulement les médecins sans scrupules qui dirigent cet hôpital admettaient leurs erreurs et acceptaient de soigner les enfants des quartiers modestes au lieu de les renvoyer systématiquement chez eux dés que les soins encourus deviennent un peu trop onéreux !!! Ajouta Cathy Abbott l’infirmière en chef, si…
- Si, si, si !!! Ce n’est pas avec des si que l’on va changer les choses, répliqua Sonia furieuse.
Le docteur Sonia Bennet était une pédiatre de trente huit ans, elle c’était toujours battue pour ses petits patients, qu’ils aient le moyen de payer ou non les soins n’avait aucune importance, elle était devenue médecin non pas pour gagner de l’argent, disait-elle, mais bien pour soigner les enfants et bien qu’elle n’en ait jamais eut, chaque enfant dont-elle prenait soin était le sien autant que s’il avait été de son propre sang et son cœur se brisait un peu plus à chaque fois qu’elle en perdait un, mais cette fois s’en était trop, le petit garçon aurait pu être sauvé s’il était resté dans son service. Comment un enfant de six ans pouvait-il encore mourir d’une rougeole de nos jours dans un pays dit civilisé, c’était une aberration totale et elle se dit que sa place n’était plus ici désormais, qu’il était temps pour elle d’aller faire ce pour quoi elle était devenue médecin, soigner les enfants qui en avaient le plus besoin en tant que médecin humanitaire, elle allait signer auprès de médecin sans frontières et elle partirait là où ils auraient le plus besoin de ses services. Cela faisait longtemps déjà qu’elle y pensait mais elle avait toujours repoussé son départ pour rester auprès de son époux lui-même chirurgien cardiaque dans ce même hôpital, c’est d’ailleurs pour être auprès de lui qu’elle avait laissé sa Loire natale et qu’elle était venue s’installer à Denver.
Cette fois sa décision était prise mais le plus dur restait à faire, l’annoncer à Daniel car même si l’amour qu’elle portait à son mari restait intact après toutes ces années, le besoin se faisait sentir d’aller voir ailleurs, pas pour s’éloigner de lui non mais pour faire un break car elle en avait réellement besoin. Mais elle n’avait jamais laissé son mari plus de deux semaines auparavant et elle se doutait bien de sa réaction, elle préférait attendre le moment le plus opportun pour le lui annoncer.
En attendant la vie continuait, ses patients avaient encore besoin d’elle et le travail auprès de ses petits patients lui permettait aussi de ne pas trop réfléchir, elle retournait donc dans son service de pédiatrie.
-Docteur So, Docteur So !!! s’écria une petite fille, ça y est je sors demain.
-Ah oui !!! Et comment tu sais ça toi ? répondit Sonia avec un soupçon d'ironie,
-Ben c’est ma maman, le docteur Barracuda le lui a dit ce matin, répliqua la fillette, mais c’est vrais dis moi, je sors bien demain ?
-Ah bon si c’est le docteur Barracuda qui le lui a dit alors !!! répliqua Sonia en levant les mains, mais oui ta jambe est presque guérie maintenant mais il va falloir faire attention encore quelques temps et surtout ne pas marcher sans tes béquilles promis !
-OK promis, mais j’ai envie de retourner à l’école et jouer avec mes amies, répliqua impatiente la fillette,
-Mais tu pourras le faire bientôt tout en étant raisonnable et jamais sans tes béquilles insista-t-elle.
C’était l’heure du déjeuner et elle allait retrouver Daniel à la cafétéria de l’hôpital, peut-être allait-elle trouver le moyen et surtout la force de lui parler, rien n’était moins sur.
-Tu as l’air bien soucieuse mon ange ? Lui dit une voix derrière elle, j’ai appris pour le petit Jackson, je suis désolé, je sais combien c’est dur de perdre un patient,
-Oui ! Surtout lorsque ce n’était pas inévitable, s’écria Sonia, ce gamin aurait pu être sauvé s’il était resté à l’hôpital, une rougeole tu te rends compte, c’est inconcevable,
-Oui tu as raison mon cœur, répliqua Daniel, mais ne t’énerves pas cela ne sert à rien, on est très près du hall d’accueil et les visiteurs pourraient t’entendre, sans compter les dirigeants hospitaliers et tu les connais, ils pourraient t’accuser de calomnies,
-Et bien qu’ils m’entendent et qu’ils m’accusent je m’en moque après tout, j’en ai assez de me battre contre des moulins à vent, je ne suis pas venue à Denver pour faire du lèche bottes dans un hôpital de riches, si j’ai choisi la pédiatrie c’est pour sauver des enfants, s’exclama Sonia en hurlant de rage, c’en ait assez j’en ai marre tu comprends,
-Oui ça j’avais compris, dit-il doucement comme pour la calmer,
-Non mon chéri, je crois que tu n’as pas bien compris malheureusement, j’en ai vraiment marre, je plaque tout ce beau monde, s’ils veulent faire ce genre de médecine et bien ce sera sans moi, ajouta-t-elle furieuse,
-Tu n’es pas sérieuse mon cœur ? Tu veux donner ta démission, tu ne vas pas arrêter la médecine dis moi ? Tu veux aller travailler dans un autre hôpital ? Mais où ? Pour le genre de médecine que tu entends il faudrait faire de l’humanitaire et…commença-t-il.
A ces mots Sonia baissa les yeux sans répondre et Daniel compris où elle voulait en venir.
-Ah !!! Nous y voila, continua-t-il, je comprends mieux maintenant, c’est très clair,
-C’est mon rêve depuis toujours, tu sais tout aussi bien que moi que cela arriverait un jour ou l’autre et je crois que le moment est venu pour moi, répliqua Sonia,
-Pour toi peut-être !!! répondit-il, Et pour moi, pour nous tu y penses ? Non bien-sûr sinon ça ne te serait même pas venu à l’idée,
-Bien-sûr que j’y pense, qu’est ce que tu crois, répliqua Sonia qui pleurait de rage, si ce n’était pas le cas je serais partie à l’autre bout du monde au lieu de cela je suis venue ici à Denver pour être près de toi, quitte à aller contre ma conscience et renier ma vocation mais tout cela n’a aucune espèce d’importance pour toi n’est ce pas ?
Elle se leva d’un bon, bousculant tables et chaises sur son passage, laissant son mari consterné et seul avec ses doutes. Elle n’avait même pas touché à son plateau repas, elle qui d’habitude dévorait son déjeuner.
Daniel se rendait compte qu’il n’y pouvait rien, ramai elle avait pris sa décision même si elle ne le lui avait pas encore dit pleinement mais il la connaissait que trop bien pour le savoir et cela lui faisait mal, il avait peur de la perdre définitivement, loin des yeux-loin du cœur disait le dit-on et ils allaient être très loin pendant très longtemps. Il alla poser les deux plateaux et se pris un café qu’il ne but qu’à moitié.
Daniel Junot avait trente ans lorsqu’il rencontra celle qui allait devenir la femme de sa vie, il n’était pas ce qu’on peu dire un homme à femme, il ne pensait qu’à sa famille et à la médecine et avant de rencontrer son épouse quelques douze ans auparavant, il n’aurait jamais pu imaginer tomber amoureux aussi vite mais la vie nous réserve bien des surprise parfois. Il était tout nouveau dans ce petit hôpital de province près de st Étienne et encore indécis sur la spécialisation à prendre. Ce matin là semblait un jour tout à fait comme les autres et il se dirigea vers le service des urgences où il était de garde et elle était là, assise sur le bord du lit, à peine croisa-t-il son regard bleu turquoise qu’il ne pu s’en décrocher, un magnétisme incroyable et un charisme à couper le souffle. Mais à ce moment là elle n’avait l’air que d’une petite fille apeurée et meurtrie, en fait c’était loin d’être une petite fille mais une magnifique jeune femme de vingt six ans blessée par la vie. Il remarqua qu’elle cherchait à cacher son visage tuméfié, une infirmière l’interpela et il s’éloigna quelques instants mais alors qu’il retournait la voir il s'aperçut qu’elle avait quitté les lieux, il la chercha dans tout le service mais rien, elle semblait avoir disparu ; il demanda alors des renseignements à la personne chargée des enregistrements et elle lui dit que cette jeune femme était une habituée des urgences malheureusement et qu’elle était pratiquement sur qu’elle devait être victime de mauvais traitements même si elle n’avait jamais déposé de plainte contre quiconque. Il aurait bien voulu en savoir plus sur cette jeune inconnue mais son instinct lui disait qu’il la reverrait bientôt et ce fut le cas, quelques jours plus tard alors qu’il s’apprêtait à prendre service on l’appela en urgence pour soigner une jeune femme inconsciente, une vilaine blessure à la tête tachait de sang sa longue chevelure d’ébène et elle respirait à fatigue à cause de plusieurs côtes fêlées ; Daniel se dit que vu qu’elle était sans connaissance elle ne verrait pas inconvénient à ce qu’il prévienne les autorités, cette fois son agresseur avait été trop loin, songea-t-il, il avait bien faillit la tuer et vu elle ne pouvait plus se permettre de retourner chez elle Daniel décida de l’aider en prévenant l’assistante sociale de l’hôpital. Elle allait peut-être le haïr pour cela mais il fallait que quelqu’un fasse quelque chose pour arrêter toutes ces violences dont elle était la victime avant qu’elle n’y laisse la vie. Pour Sonia l’adaptation à sa nouvelle vie ne fut qu’un long parcourt du combattant semé d’embuches et de désillusions, mais ce fut aussi le début d’une merveilleuse histoire d’amour qui durait depuis plus de douze ans. Malheureusement pour eux et malgré les tentatives répétées aucun enfant n’était venu ensoleiller leur foyer, c’était la seule ombre à leur tableau.
Daniel sourit à ce lointain souvenir, décidément il avait grandement besoin d’un remontant, son service terminé il alla boire un verre au café où se réunissait presque tout le personnel de l’hôpital, quelques pas lui feraient sans doute le plus grand bien, il se décida à y aller à pieds. C’était trois semaines seulement avant Noël et les vitrines des magasins ainsi que les rues de Denver étaient déjà toutes parées pour les fêtes, la neige rendait les trottoirs très glissants et il se dit que l’hiver allait être glacial comme tous les ans dans cette région du Colorado et que cette année il allait surement passer Noël sans la femme de sa vie et cette idée lui faisait l’effet d’un coup de poignard au cœur. Le bar était en vu et il pourrait s’y réchauffer quelques heures avant de rentrer.
Ce n’était pas un bar très chic, tout juste un coin tranquille et sympathique où oublier les problèmes quotidiens et discuter entres amis. Un billard trônait au beau milieu de la salle et dans un angle un tableau de fléchettes pour les mordus de la cible était régulièrement pris d’assaut. Le bar était tenu par Gianpaulo et Marco Rivera, deux frères italiens qui connaissaient presque tous les médecins et infirmiers du grand hôpital par leurs prénoms.
-Qu’est ce que vous sert Docteur? demanda le barman,
-Ciao Gianpaulo, mets m’en un double s’il te plaît et qu’est ce qui te prends? On se connait depuis des années et tu m’as toujours appelé par mon prénom, tu ne te sens pas bien? Lui demanda ironiquement Daniel,
-Oh si si, je vais très bien mais on m’a reproché d’être un peu trop familier avec les médecins alors je me retiens tu comprends?
-Et ce serait qui ce on? demanda Daniel,
-Steven Maclaren, euh pardon je voulais dire le Docteur Maclaren, répondit Gianpaulo avec un air faussement sérieux,
-Je vois, le même qui rendu ma femme furieuse, répliqua Daniel, il a le don pour exaspérer les gents celui là, je ne sais pas ce qui me retient de marier mon quarante trois avec son arrière train?
-surement ton incroyable sans froid et ton flegme exceptionnel, dit le barman, je ne connais personne d’aussi zen que toi, je me souviens d’une certaine bagarre…..
-Tu arrives quand même à t’en souvenir malgré ta légendaire cuite et une commotion cérébrale? Tu m’épates là, il t’a fallu deux semaines pour te souvenir de ton prénom et le double pour tout reconstruire, les bouteilles volaient dans tous les sens, sans compter les nombreux dégâts,
-Oui et toi tu restais accoudé au comptoir sirotant ta bière en observant la scène, tu n'as même pas sourcillé, ajouta Gianpaulo,
-Ah ah ah!!! Oui et lorsqu’ils eurent fini j’étais le seul encore en un seul morceau en tous cas,
- Quels souvenirs mon ami, la note à été salée pour mon porte-monnaie et aussi pour mes vieux os, heureusement que des médecins étaient là même si la plus part d’entre eux avaient aussi besoin d’un médecin, ironisa Gianpaulo, mais dis moi pourquoi Sonia est en pétard après Maclaren si je ne suis pas indiscret?
-Non ne t’inquiètes pas, ce n’est un secret pour personne et de toutes façons tout le monde ne va pas tarder à le savoir vu le scandale qu’elle a fait à la cafétéria ce midi, elle veut démissionner et partir en mission humanitaire et tout ça à cause de ce minable,
-C’est pour ce qui est arrivé au petit Jackson n’est ce pas? Il fallait s’y attendre un jour ou l’autre tu ne crois pas? Ta femme se sent investi d’une mission et si tu cherches à l’en empêcher peut-être qu’elle restera mais au fond d’elle-même elle va t’en vouloir et elle sera malheureuse, je ne pense pas que c’est ce que tu veux pour elle ni pour vous deux d’ailleurs, c’est mon avis et le conseil d’un ami désintéressé, maintenant tu fais ce que tu penses être pour le mieux,
-Oui je sais bien que tu as raison mon ami, le seul problème dans tout ça c’est que je ne peu pas vivre sans elle, j’ai une peur bleue de la perdre tu comprends? Si elle part elle risque d’y prendre gout et je crains qu’elle ne revienne pas,
-Et tu n’as jamais songé à la suivre? Pourquoi serait-ce toujours la femme qui devrait suivre le mari après tout? demanda Gianpaulo, et puis ce n’est pas comme si tu avais un boulot incompatible, tu es chirurgien avant tout pas vrais? Je crois qu’ils t’accepteraient à bras ouverts,
-J'admets que je n’y avais jamais pensé au paravent mais il faudrait tout d’abord que j’honore les interventions qui ont déjà été programmées car comme tu le dis si bien, je suis chirurgien avant tout, ensuite je la rejoindrais, qu’importe là où elle sera mon ami,
-Et bien voila!!! s’écria Gianpaulo, c’est résolu, mais es tu bien sur que c’est ce qu’elle veut vraiment? Partir je veux dire,
-Oui, malheureusement, j’en suis certain, sinon elle ne m’en aurait pas parlé, du moins pas de cette façon, répondit Daniel, quand elle a vu que je n’étais pas d’accord elle s’est levée et elle est partie en colère en me laissant seul au milieu de tous nos collègues qui me fixaient médusés et elle n’a même pas touché son repas,
-Quoi!!! Tu es sérieux? S’écria le barman, elle n’a pas mangé alors qu’aujourd’hui y avait des lasagnes? Alors là c’est inquiétant, trêve de plaisanterie,
-C’est ce que je me suis dit aussi, répondit Daniel, c’est son plat préféré et lorsque j’ai vu qu’elle n’y avait pas touché j’ai compris qu’elle était vraiment sérieuse dans ses propos,
-Et tu es venu me voir, bon ça va je sais que ce n’est pas pour mes beaux yeux ni pour mon exprésso à la chantilly que tu es venu cette fois, tu es surement le médecin de cet hôpital que j’apprécie le plus et je sais qu’en te conseillant de la suivre je vais surement perdre un ami mais c’est mieux que de te voir te saouler tous les soirs après son départ pas vrais?
-Tu ne me perdras pas comme ami car notre vie est ici et même si on partait tous les deux, mon frère habite à deux miles de Denver, on est jamais restés plus quelques mois loin l’un de l’autre et c’est hors de question que cela change, j’appréhende d’ailleurs le moment où je vais le lui annoncer. À propos de frère comment va Marco?
-Bien mieux grâce à dieu et aussi grâce à toi, répondit Gianpaulo, son cancer est toujours en rémission mais si tu ne t’en étais pas aperçu à temps je n’aurais surement plus de frère à l’heure qu’il est,
-C’est vrais qu’il était temps, il n’aurait pas fallut attendre quelques semaines de plus et puis Marco est un battant, il arrive à trouver du positif de partout c’est vraiment un cas ton frangin,
-Ah oui ça tu peux le dire, s’exclama Gianpaulo le sourire aux lèvres, pendant sa chimio j’essayais de lui remonter le moral et au lieu de cela c’est lui qui remontait le mien avec ses blagues à deux balles sans compter qu’il a dragué presque toutes les infirmières et les aides soignantes de cet hôpital mais ça tu le savais déjà pas vrais?
-je me souviens que lorsque je lui avais dit de consulter un oncologue il ne m’a même pas pris au sérieux et il s’est mis à rire, ajouta Daniel,
-Changeons de discourt tu veux avant que je commence à pleurer, affirma le barman, j’aimerais voir la tête que fera ta femme lorsque tu vas lui annoncer que tu vas la rejoindre,
-Oui moi aussi mais je préfère attendre d’avoir une réponse positive de leur part avant de le lui dire, je ne voudrais pas lui donner une autre déception, elle en a eut assez ces temps ci tu ne crois pas!
-Oui en effet et puis cela te donnera le temps de tout régler et aussi de l’annoncer à ton frère, lui suggéra Gianpaulo,
-Oui comme tu dis et ce n’est pas une mince affaire crois moi, il va mal le prendre c’est sur, bon je te laisse, Sonia va bientôt finir son tour de garde et je vais l’emmener diner quelque part pour lui changer les idées et ce n’est pas gagné,
- Si ça t’intéresse on m’a parlé d’un tout nouveau restaurant français dans le quartier de la gare, je vais y aller faire un tour le weekend prochain, par contre je ne connais pas l’adresse exacte,
-Humm français tu dis!!! Ça fait un bail que je ne mange pas français, ciao amico mio!!! Il remonta son col et sorti dans le froid glacial de ce samedi après midi de décembre,
-Ciao, ciao!!! S’exclama Gianpaulo.
Restait à convaincre Sonia et connaissant le caractère de sa femme il allait devoir user de tout son charme mais aussi d’une bonne dose de finesse se dit-il, il avait beau être l’homme le plus cool de la planète il n’en avait pas moins épousé une tête de mule dure à cuire.
Non seulement Sonia ne voulu rien entendre au sujet du diner mais en plus elle ne lui adressa même pas la parole ni même un regard jusqu’au petit matin, un des rares dimanches matin où sa femme et lui ne travaillaient pas songea-t-il, enfin c’est du moins ce qu’il croyait car Sonia avait échangé son tour de garde avec un collègue à son insu.
-Je pensais que tu ne travaillais pas aujourd’hui, lui demanda Daniel déçu,
-Et bien tu pensais mal, lui répondit-elle froidement, je termine samedi prochain et jusque là je n’aurais aucun jour de repos,
-Et moi je travaille dimanche prochain, tu as bien calculé ton coup mon cœur, il faut que l’on parle Sonia, dis moi au moins quand tu parts, parce que tu parts n’est ce pas ? dit-il tristement en la prenant doucement par le bras,
-Oui je vais partir, répondit-elle, seulement je ne sais pas encore ni où ni quand exactement mais ça t’intéresse vraiment ?
-Bien-sûr que ça m’intéresse, je t’aime au cas où tu ne l’aurais pas remarqué et la raison pour laquelle je te pose cette question c’est parce que j’ai l’intention de partir avec toi, je voulais attendre de savoir si c’était possible avant de t’en parler mais vu la tournure que prend cette histoire je pense qu’il vaut mieux que tu le saches, enfin si tu veux toujours de moi bien-sûr, affirma Daniel.
De surprise Sonia en laissa tomber son sac sur le sol de la cuisine.
-Tu…tu ferais ça pour moi ? Bafouilla-t-elle les larmes aux yeux, mais ton travail et Maxime ? Tu ne vas pas tout laisser tomber ?
-Oui je ferais tout ça pour toi et non je ne vais pas laisser tomber Maxime, on se verra seulement un peu moins c’est tout et en ce qui concerne mon travail je pourrais tout aussi bien le faire là-bas sinon mieux, les chirurgiens cardiaque ne courent les rues, et encore moins la brousse, par contre il faudra que je vienne à bout de toutes les interventions déjà programmées mais à moins d’une urgence je n’en prendrais plus aucune autre je te le promet mon amour, mais dis moi as-tu déjà signer avec MSF ?
-Non pas encore mais je les ai appelé et ils veulent m’envoyer au Darfour je crois, ils manquent cruellement de médecins là-bas et je ne sais pas si je vais pouvoir t’attendre.
Pendant toutes ces heures où il avait cru perdre la femme qu’il aimait plus que tout au monde Daniel avait imaginé les pires scénarios alors devoir attendre quelques mois sans elle ne lui paraissait plus une chose impossible à vivre à présent.
-Écoutes moi mon cœur, tout ce qui m’importe c’est pouvoir t’y rejoindre dés que possible, dit Daniel, pour le reste et bien on fera avec pas vrais !!!
-Je ne te mérite pas, je suis vraiment qu’une petite égoïste, lui dit-elle en pleurnichant dans ses bras et en l’enlaçant de tout son être,
-Ne dis pas de bêtises et puis je ne te permets pas de parler comme ça de la femme de ma vie d’accord !!! Plaisanta Daniel.
Le cœur de Sonia se mit à battre très fort, elle avait épousé l’homme le plus génial de la terre se dit-elle, l’homme qui lui avait redonné gout à la vie et confiance en l’amour après toutes les épreuves qu’elles avaient traversé et qui avait su la protéger d’un homme sans scrupules alors qui ne la connaissait ni d'Ève ni d’Adam. Comment avait-elle pu douter de lui, oui elle avait laissé son pays, sa famille, ses amis pour suivre l’homme qu’elle aimait, mais il le lui rendait au centuple. En toutes ces années jamais il n’avait élevé la voix sur elle un seul instant et là il allait laisser son travail, un travail qu’il aimait par ailleurs et un frère qu’il adorait et tout ça pour la suivre on ne sait où ; mais il avait raison, la seule chose qui importait vraiment c’est qu’ils soient ensemble pour le meilleurs mais aussi pour le pire et aucun d’eux ne le savaient encore mais le pire restait à venir, car cela allait devenir la plus dure épreuve de toute leur vie.